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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Suis-je membre des Frères musulmans?

Publié par Leblancetlenoir sur 21 Janvier 2016, 08:58am

Catégories : #PALESTINE, #POLITIQUE FRANCE

Nabil Ennasri
Nabil Ennasri
Nabil Ennasri

Ce qui s’est passé hier soir est grave. Très grave même. Devant l’association « Les amis du Crif », Manuel Valls a fustigé la mobilisation de la campagne BDS qui appelle au boycott d’Israël. Il a également pris à partie le travail de l’Observatoire de la laïcité. La cause de son courroux? Le fait que Jean-Louis Bianco, président de cet Observatoire qui donne pourtant une vision juste et originelle du principe de laïcité, ait signé une tribune en novembre dernier avec des « acteurs infréquentables » comme le CCIF et moi. Manuel Valls a notamment déclaré : « Il doit être clair sur les appels que l’on signe : on ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant d’un climat (nauséabond), ça n’est pas possible ». Rien que ça.
Alors, on va juste rappeler à Manuel Valls quelques petits points. D’abord sur la question du boycott d’Israël, on restera de ceux qui en font la promotion. La raison est simple : puisque Israël piétine le droit international, il est du devoir de la société civile internationale de faire ce que les États sont incapables de faire en maintenant cette mobilisation qui plonge ses racines dans l’histoire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. On rappellera aussi à Manuel Valls que l’une des grandes consciences de la gauche, le regretté Stéphane Hessel était lui aussi partisan de la campagne BDS. Sauf à être amnésique, Manuel Valls dénonce donc un combat que de nombreux humanistes défendant, dont des Prix Nobel de la paix. Mais il est vrai que Manuel Valls n’est plus un homme de gauche et qu’il incarne tout ce qu’un homme politique peut être capable d’entreprendre comme postures cyniques et électoralistes. Le simple fait qu’il s’exprime sur ce sujet devant une association communautaire qui fait la promotion du terrorisme d’un État étranger est en soi un scandale. Il n’est malheureusement pas à un dérapage près.

La deuxième chose est l’expression de la malhonnêteté intellectuelle dont il fait preuve. L’Observatoire de la laïcité serait ainsi coupable de signer des textes avec des personnalités infréquentables. Mais de quel texte parle-t-il ? De la tribune « Nous sommes unis » signée par plus de 80 intellectuels, artistes, représentants des différentes confessions ou responsables associatifs. Ce texte lancé dans la foulée des attentats du 13 novembre exprimait une volonté de ne pas succomber aux pièges de la division que nous tendaient les semeurs de haine. Inclusif, il souhaitait rassembler des Français d’horizons très divers pour faire la démonstration que notre pays savait se retrouver autour de valeurs fondatrices. Dans ce genre de situations, il est évident que la préoccupation de préserver un socle commun dépasse les clivages et positionnements politiques de chacun. On signe donc ces textes avec des personnes avec lesquelles on est forcément en désaccord sur d’autres sujets. La logique de Manuel Valls est le contraire de cet esprit rassembleur puisqu’il aurait fallu exclure certains Français du fait de leurs opinions « sulfureuses ». Au delà de l’incongruité intellectuelle de la manoeuvre, c’est à un un véritable apartheid politique qu’il appelle. Navrant et choquant.

Certains médias comme Le Figaro en ont profité pour me qualifier de « proche du sulfureux courant des Frères musulmans ». Le journaliste Claude Askolovitch a lamentablement repris ce refrain de « l’intellectuel islamiste » en souhaitant mettre Jean-Louis Bianco en difficulté lors d’une interview sur i-Télé. Ces accusations vides ont pour but de me disqualifier. Car évidemment, dès lors qu’on vous taxe d’être proche de ces courants, on ne fera jamais attention à vos propos, ni à vos écrits. Je saisis donc l’occasion pour clarifier ma position : non, je ne fais pas partie des Frères musulmans. Mais quand bien même j’en ferais partie, où serait le problème ? Ceux qui font ce procès sont ignorants des tendances qui traversent ce courant dans lequel on trouve différentes lectures de l’islam, de la plus souple à la plus rigoriste. Le problème est même ailleurs ; jusqu’à preuve du contraire, ce mouvement légaliste a dans de nombreux pays arabes où il s’est présenté gagné les élections et parfois avec de nettes majorités. En arrivant au pouvoir, il a la plupart du temps respecté les libertés et en Égypte le parti issu de la confrérie a même désigné un chrétien au poste de vice-président. Avant donc de me faire le procès d’être proche des Frères musulmans, il serait bon de rappeler que Manuel Valls est par contre proche de la dictature égyptienne avec qui son gouvernement a conclu de juteux contrats de vente d’armes. Cette hypocrisie lucrative n’est pas que le fait de notre cher Premier ministre. Le Figaro n’est pas en reste puisque Les Rafales sont produits par le groupe Dassault, propriétaire du journal. Alors entre être proche d’un mouvement populaire, légaliste et démocratique et une junte militaire illégitime, tortionnaire et sanguinaire, mon choix est effectivement vite fait. Du coup, qui est le plus infréquentable?

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.nabil_ennasri.190116.htm

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