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LE BLANC ET LE NOIR

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Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Ce que la Russie a fait pour la libération de Palmyre

Publié par Leblancetlenoir sur 30 Mars 2016, 20:35pm

Catégories : #Syrie, #Etat Islamique, #RUSSIE

Ce que la Russie a fait pour la libération de Palmyre

Au matin du 27 mars, l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe, a repris le contrôle de la ville syrienne de Tadmor, dans la province d’Homs. Depuis dix mois, la ville et les ruines de l’antique Palmyre, situées à proximité, étaient aux mains des combattants de l’État islamique. Une libération qui pourrait constituer un tournant dans la guerre civile syrienne, qui dure depuis six ans. Bilan de RBC.

Une perte majeure

Tadmor est un point stratégique important pour le gouvernement de Bachar el-Assad comme pour l’État islamique. La ville se trouve sur la route qui conduit aux rives de l’Euphrate et, de là, vers Raqqa, la capitale officieuse du califat. Tadmor abrite en outre un des six aéroports de la Syrie.

Tadmor est encore, soulignait dès l’été dernier l’expert du Centre Carnegie Yezid Sayigh, « un hub entre les capacités d’extraction de l’industrie gazière syrienne, ses raffineries et les centrales électriques fonctionnant au gaz ».

Tadmor est traversée par les gazoducs qui relient les sites d’extraction des régions d’Hassaké et de Deir ez-Zor aux entreprises de raffinage de l’ouest du pays.

La situation géographique de Palmyre en fait enfin la seule base logistique possible pour la progression de l’armée syrienne vers le nord – vers les villes de Deir ez-Zor et Raqqa –, et, pour l’EI, vers Damas, ajoute Nikolaï Soukhov, chercheur spécialisé en études arabes et islamiques de l’Institut des études orientales près de l’Académie russe des sciences. « C’est une position évidemment avantageuse, ce qui explique la violence des combats pour son contrôle », explique le spécialiste.

Le commandement des forces armées syriennes a déjà annoncé que Tadmor servirait de place d’armes pour les futures offensives sur les positions de l’État islamique, a rapporté lundi 28 mars l’agence Reuters, citant les médias étatiques syriens.

De l’importance stratégique de Tadmor témoigne aussi le fait que les combattants de l’EI, qui avaient pris la ville en mai 2015, contrôlaient déjà, à l’été, près de la moitié du territoire syrien.

La perte de Tadmor et Palmyre constitue ainsi la plus grosse défaite essuyée par les combattants de l’EI depuis la formation du groupe terroriste en 2013. Pour Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, cité par Die Welt, les terroristes, avec Palmyre, « perdent automatiquement le contrôle sur tout l’immense désert syrien ». « On commence à avoir l’impression que l’existence de l’État islamique approche de son terme », confirme Nikolaï Soukhov. À en croire ce dernier, cette défaite se ressentira sur le moral des islamistes : « Leur image se détériore, le flux de nouvelle force vitale en provenance de l’étranger s’affaiblit, les désertions se multiplient. »

L’opposition syrienne soutenue par l’Occident a réagi avec circonspection aux succès des troupes gouvernementales. « J’ai peur d’une chose : que le cessez-le-feu ne permette au régime d’Assad de dévorer ce qui reste de la Syrie en libérant les territoires sous contrôle de l’EI et de Jabhat al-Nosra », a déclaré Riad Nassan Agha, membre du Haut comité de l’opposition syrienne pour les négociations de Genève, cité par Reuters. Depuis l’entrée en vigueur, le 27 février, du régime de cessez-le-feu entre les troupes d’Assad et l’opposition, les affrontements entre les deux camps ont pratiquement cessé. L’État islamique ne participant pas aux négociations de paix, la trêve ne s’étend pas à ses combattants.

Qu’a fait la Russie pour la libération de Palmyre ?

L’offensive de deux semaines de l’armée gouvernementale sur Palmyre a été soutenue par un détachement des forces aériennes russes. Avant la première attaque terrestre, le 9 mars, l’aviation russe a lancé des tirs préalables sur les positions de l’EI, et, au cours de la semaine suivante, les troupes d’Assad, appuyées par les avions et hélicoptères russes, sont parvenues à couper une des voies de ravitaillement des terroristes : la route vers le nord, en direction du village d’Itria. En outre, au cours d’une attaque massive conjointe, les forces armées russes ont aidé les troupes syriennes à prendre le contrôle des voies de ravitaillement et de repli de l’EI vers le nord et l’ouest.

Au total, depuis le 20 mars, selon les communiqués du ministère russe de la défense, les forces aériennes russes présentes en Syrie ont effectué 121 vols militaires dans la région de Palmyre et lancé 4 000 tirs sur les positions de l’EI, tuant jusqu’à 500 terroristes.

Le général Samir Souleïman, porte-parole de la direction politique de l’armée syrienne, a insisté sur le rôle particulier joué par les hélicoptères d’attaque russes. Dans une interview à l’agence Spoutnik, il a déclaré que les ressources de reconnaissance et les hélicoptères militaires russes avaient anéanti des terroristes embusqués dans les hauteurs de Palmyre. Le général Souleïman n’a pas précisé si des soldats russes avaient ou non participé à l’opération terrestre. Un peu plus tôt, le colonel général Alexander Dvornikov, directeur de la campagne syrienne, avait annoncé que des sections terrestres des forces russes des opérations spéciales étaient actives en Syrie. Cette branche de l’armée est notamment chargée de missions de reconnaissance préalable des sites, d’aiguillage des avions et « d’autres missions spéciales ».

Outre la participation de l’aviation russe, l’offensive sur Palmyre a aussi impliqué de l’armement russe fourni à l’armée syrienne. L’armée gouvernementale a utilisé des lance-roquettes multiples Uragan, des systèmes de lance-flammes lourds Solntsepek et des obusiers 122 mm D-30.

Quelles forces russes sont restées en Syrie ?

Après l’annonce du président Vladimir Poutine, le 14 mars, du retrait des forces aériennes russes de Syrie, une grande partie des avions russes ont quitté la base aérienne de Khmeimim, dans la région de Lattaquié. La revue Jane’s Defence Weekly affirme que la Russie a maintenu sur place un noyau de bombardiers Su-24 et complété son parc actuel de quelques hélicoptères d’attaque Mi-28N et Ka-52. La revue a publié une photo satellite, prise le 20 mars – soit cinq jours après le début du retrait des troupes russes de Syrie. On y distingue précisément quatre chasseurs Su-34 multifonctions, trois tout nouveaux chasseurs de génération 4++ Su-35, trois chasseurs Su-30, dix bombardiers Su-24 et deux hélicoptères Ka-52. Les experts soulignent qu’il ne s’agit peut-être pas de l’effectif complet, certains avions ayant pu effectuer à ce moment des vols militaires.

Outre ses avions, l’armée russe a maintenu sur la base aérienne syrienne des systèmes antiaériens Pantsir S-1, à courte portée aérienne et terrestre, et un système de défense antiaérienne et antimissile de proche et moyenne portée S-400. Les experts estiment que 200 ou 300 civils et environ 2 000 militaires pourraient être chargés, sur place, de l’utilisation et de la gestion de ces équipements techniques.

Le 27 mars, lors d’une conversation téléphonique avec la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova, le président russe Vladimir Poutine a assuré que des représentants du contingent militaire russe participeraient au déminage de l’antique Palmyre. Par ailleurs, lundi 28 mars, le directeur général de l’Ermitage, Mikhaïl Piotrovski, a annoncé que le musée public russe était prêt à aider à l’élaboration d’un projet de restauration de Palmyre : l’Ermitage fournira des matériaux sur l’histoire de la ville antique mais aussi sur l’expérience russe de restauration des sites culturels. « Nous possédons une importante collection palmyrienne et nous aiderons à étudier la situation et fournirons des recommandations afin que ces ruines deviennent un monument de la culture et de la victoire sur le fanatisme, et non un ersatz pour touristes », a déclaré Mikhaïl Piotrovski à l’agence TASS.

http://www.lecourrierderussie.com/international/2016/03/russie-liberation-palmyre/?utm_source=Le+Courrier+de+Russie+-+Newsletter&utm_campaign=95d0d2911d-Edition_30_033_30_2016&utm_medium=email&utm_term=0_76a16a0a15-95d0d2911d-167735925

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