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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Existe-t-il un « bon peuple » américain ?

Publié par Leblancetlenoir sur 12 Avril 2016, 04:33am

Catégories : #AMERIQUE, #EUROPE, #Société, #HISTOIRE, #IDEES

Existe-t-il un « bon peuple » américain ?
L'article ci-dessous de Jean Thiriart (1922-1992) est paru dans le n° 28 de la revue "L'EUROPE COMMUNAUTAIRE" (avril 1966), il y a donc exactement 50 ans. Les idées et la formulation appartiennent à leur auteur évidemment. Mais il nous a paru intéressant d'exhumer cet article pour l'Histoire, pour l'histoire des idées. Au delà des éléments proprement contextuels et datés, l'analyse garde toute sa pertinence aujourd'hui.

Leblancetlenoir

Sous les coups de boutoir de notre presse révolutionnaire une certaine extrême-droite où se côtoient des débuts de la collaboration et des galopins qui font leur puberté politique commence à avoir mauvaise conscience à propos des Américains qu’ils admirent tant.

Ainsi sont-ils maintenant sur la défensive. Ils leur est impossible de continuer à nier trop ouvertement des évidences aveuglantes – les Etats-Unis sont les signataires de Yalta, les gens qui ont abandonné les insurgés de Budapest à leur sort, les gens qui nous ont fait le coup de Suez en 56 et celui du Katanga en 62, sans compter tous les autres.

Ainsi les intellectuels de service, ces alimentaires de la « révolution » qui vivent, ou survivent avec des subsides des services américains ont-ils réalisé une admirable pirouette dialectique – ils ont créé le « peuple » américain.

Projection manichéiste – le « bon américain ».

Ne pouvant plus résister à l’argumentation puisée dans les faits historiques qui établissent avec éclat la persistance de la politique anti-européenne des Etats-Unis les mercenaires intellectuels qui professent un certain « révolutionnarisme européen » (sic) de façade ont créé le « peuple » américain.

Tout devient simple - il y a les bons Américains et les mauvais Américains.

Le malheur est que les mauvais Américains existent et se manifestent politiquement et que les bons n’ont qu’une existence mythique, « espérantielle ».

La thèse de ces traitres à l’Europe – de ces gens qui ne survivent qu’à l’aide de fonds provenant des Ambassades US- est que tout ce que les Américains font de mal est dû à Wall-Street et tout ce qu’ils pourraient (conditionnel perpétuel) faire de bien issu de la « volonté » de la « partie saine du Peuple américain » .

Un journaliste qui se cache sous un pseudonyme écrit ce qui suit-« Il existe en effet deux Amériques – celle qui se bat au Vietnam et qui est le peuple américain et celle qui fait commerce de tout y compris du sang des citoyens de Dallas ou de Chicago ».

Qu’est-ce qu’un peuple ?

Les dictionnaires nous enseignent qu’un peuple c’est « un groupe d’hommes vivant ensemble ». J’ajouterai qu’un peuple c’est un groupe d’hommes ayant subi les mêmes normes de conditionnement. Mais à aucun moment le peuple n’a à voir avec les décisions politiques, avec les desseins politiques. Le peuple est essentiellement passif, c’est une énorme puissance femelle qui de temps à autre nous offre un spectacle apocalyptique (migrations gigantesques des IV au VI iè siècles, guerre totale du peuple allemand de 39 à 45…) dans la mesure où une élite politique, révolutionnaire ou religieuse s’en empare.

Dans la terminologie des gratte-papier du journalisme « politique » on a créé un peuple mythique duquel on se réclame bien entendu. Le peuple est en colère, le peuple veut ceci, le peuple ne tolère pas cela, le peuple. Bla-bla et rebla-bla.

Si vous savez lire entre les lignes cela signifie en clair « nous les politiciens de l’opposition, nous journaleux de l’opposition voulons ceci…

Autrefois on invoquait Dieu – « Dieu le veut », « Dieu ne permettra pas », « Dieu se fâchera »etc. On peut ainsi à volonté invoquer Dieu, le Peuple, l’Histoire, la Raison. Le grand chic consiste à ne pas parler en son nom mais au nom d’une grande entité sacrée, admise généralement, bien établie. Même les politiciens communaux connaissent cette recette.

Marx invoquait le Prolétariat et fait le plus significatif encore il y croyait ! – ce qui le déclasse des très grands penseurs dans les penseurs

Le peuple est essentiellement passif, bonhomme. Sa philosophie est ménagère. Il est simple, équitable, pas très méchant. Il est moyen, sans génie du mal, sans génie du bien. Le peuple américain ne veut pas carboniser des villages viets, le peuple indochinois ne veut pas assassiner des Américains. Le premier préfèrerait aller jouer au tennis, essayer sa nouvelle voiture, obtenir une augmentation de ses patrons, le second voudrait manger à sa faim et faire patauger ses buffles dans les rizières.

Le peuple, c’est l’histoire des hommes. La politique, c’est l’histoire de l’Homme.

A travers les siècles et les millénaires des élites ont entrainé les peuples beaucoup plus loin qu’ils ne le souhaitaient, dans le bien comme dans le mal. Ces élites ont fécondé le peuple du moment, lui ont donné une conscience, lui ont assigné un but, une mission, un combat. Tout ce qui dans la pensée, l’art, a sorti l’homme de l’animalité fut toujours le fait de l’action d’une minorité très restreinte.

Il faut donc considérer le peuple comme un facteur statique quand il est laissé à lui-même et comme une masse en mouvement – au sens de la physique –lorsque les élites dirigeantes – que ce soient des élites du mal ou du bien s’en emparent et l’actionnent.

A nos yeux l’Histoire s’écrit en gros avec des peuples en tant que farine et avec des groupes élitiques en tant que ferments, que levures. Elitiques signifiant ici – selon la convention du langage parétien- minorités dirigeantes.

Nous avons alors l’élite (la minorité au pouvoir), la contre-élite (l’autre minorité en dehors du pouvoir et qui voudrait s’en emparer) et l’anti-élite, le rebut pathologique d’une société.

Sur le plan linéaire qualitatif nous placerons en haut côte à côte élite et contre-élite, mi-hauteur le peuple, en bas l’anti-élite.

Dans les processus révolutionnaires exacerbés la contre-élite dans son assaut du pouvoir utilise les forces destructrices de l’anti-élite –Puis s’en débarrasse plus tard.

Je ne puis que sourire de commisération devant les propos délirants d’un jeune excité de droite qui parle du « peuple américain qui se bat au Vietnam » (pour l’Occident sans doute ? sic) pour des Valeurs (avec une majuscule comme Humanité, Dieu, Peuple, Chrétienté, Histoire ) et quelques lignes plus loin des « blindés mongols » en parlant de l’armée soviétique.

En fait l’armée américaine au Vietnam comprend une solide proportion de nègres (ce qui devrait gêner ces excités racistes de droite) et une quasi majorité de mercenaires.

En fait l’Union soviétique comprend une majorité écrasante de slaves et des poussières de mongols.

Mais le style polémique d’un journaliste lui fait parler du « peuple américain » et des « hordes mongoles ».
Petits trucs de métier efficaces qui n’ont rien de commun avec une pensée, avec une analyse politique sérieuse, adulte ;

La réalité des faits .

Les Etats-Unis constituent une nation ploutodémocratique-type, exemplaire, spécimen. Il est donc très normal que les puissances d’argent dominent toute sa vie politique. Le peuple américain est ainsi conditionné qu’il approuve en général ce style et qu’il y participe. Le rêve de tout Américain moyen est de devenir un big boss dans le bigbusiness. L’Américain moyen ne conteste pas les critères d’élévation essentiellement mercantilistes.

Il ignore même qu’il en existe d’autres. On ne peut pas dès lors séparer totalement Wall-Street (ah, que voilà une belle image d’Epinal) du peuple américain –il y a symbiose.

De même en URSS il y a une certaine symbiose indéniable entre le peuple et ses dirigeants .Après 40 ans de catéchisme marxiste un lien s’est établi entre dirigeants et dirigés, une certaine communion.

De même en Chine la « mise en moule » (expression de Mao) a créé une relation dirigeants –dirigés qu’on ne peut ignorer.

Si demain la guerre amène dans la mire de mon fusil un Russe ou un Américain, je sais très bien que ce sera un homme, peut-être un père, qui n’avait aucune envie de venir s’occuper de l’Europe. Un brave type, avec des gosses, un brave type qui donne sa place aux vieilles dames dans l’autobus, un brave type qui donne du pain aux moineaux en hiver. Mais aussi – malheureusement pour lui l’instrument, le petit rouage d’une volonté politique étrangère.

C’est dommage ; mais je pousserai sur ma gâchette sans hésiter.

Le journaliste qui parle avec haine des « mongols » en fait c’est en cela qu’il nomme la masse russe – et simultanément avec ferveur du « peuple » américain est ou un salaud -un mercenaire de la propagande- ou un imbécile. Je serai indulgent et je le classerai plutôt parmi les imbéciles. J’imagine que ce pauvre type croit ce qu’il écrit.

Je ne vois pas en quoi le peuple russe serait moins digne d’intérêt (sur le plan moral) que le peuple américain ?

Le problème n’est pas là, il est dans les faits politiques.

Le peuple américain ça n’existe pas

Il existe un peuple américain dans le sens que lui donnent les encyclopédies. Il n’existe pas de peuple américain qui puisse avoir une conscience politique différente de celle de ses dirigeants. Le « peuple » américain a la conscience politique de ses élites de pouvoir. Il subit cette conscience. Il n’y a pas de divorce entre le peuple américain et ses maitres de Washington ou de New-York. Il y a sujétion intellectuelle. Le peuple américain pense comme veulent ses chefs.

Parler d’un peuple américain qui réprouverait les agissements de Wall-Street c’est évoquer une abstraction, un phantasme. Le peuple n’a de conscience que celle qu’on lui donne. Lénine savait bien cela. Tant qu’il n’y a pas de groupe révolutionnaire organisé qui procure une conscience aux masses, il n’y a pas d’action révolutionnaire de masse possible. Il en va de même pour les nations. La France a été faite par quelques Français face à l’indifférence de la très grosse majorité des Français et même contre pas mal de Français.

Le dessein et la volonté de la France sont l’œuvre d’une minorité d’hommes, à l’origine. Aujourd’hui la France est devenue un lieu commun pour les français.

Ce que j’ai dit du peuple américain est aussi vrai du peuple européen. Actuellement les masses européennes n’ont pas conscience de la nécessité de l’Europe. Ces concepts sont le privilège d’un groupe réduit de visionnaires, de révolutionnaires.

Les peuples d’Europe se moquent de l’Europe - de l’Europe concept historique -. Ces peuples ne sont ni pour, ni contre pour l’instant.

Celui qui parle d’une alliance des « peuples d’Europe et d’Amérique » contre le péril bolchévique dit des sottises. Il y a en fait des élites gouvernantes américaines, russes qui vont affronter des élites (contre-élites en terminologie parétienne) révolutionnaires européennes. D’une part les élites gouvernantes de Washington et de Moscou vont manipuler leurs masses, leurs « peuples » ; d’autre part nous allons instiguer les peuples d’Europe, leur donner une conscience.

Mais comment faire l’Europe, donner une conscience à l’Europe en clamant, en bêlant au départ « Ah, que ferions-nous sans le parapluie atomique américain ? » .C’est un drôle de moyen de donner une conscience européenne aux masses d’ici.

La première chose à faire est de montrer que nous sommes différents des Américains, que nous avons des buts et des intérêts différents.

On pourra politiquement, historiquement, parler d’un peuple européen lorsque nous aurons réalisé l’Etat unitaire européen, lorsque nous aurons transmis la conscience de l’Europe aux peuples d’Europe.

Actuellement le peuple européen n’est qu’un facteur sociologique, un fait démographique, un fait économique, un fait racial partiellement. Il n’y a pas encore de peuple politique européen.

Nous allons le créer.

Comme d’autres autrefois ont littéralement créé le peuple politique (LA NATION) français.

La première chose à faire pour donner aux masses d’Europe la conscience de l’Europe est de les séparer de tout ce qui n’est pas européen.

L’Europe Atlantique c’est un peu l’image du jeune ménage qui s’installerait dans la maison de la maman de l’époux, sous le contrôle envahissant de celle-ci.

Dans la vie de l’homme jeune il arrive un moment où il doit prendre conscience de sa personnalité et pour cela chercher la rupture psychologique avec la domination du père ou de la mère. Dans l’hypothèse même où les Etats-Unis nous auraient (remarquez mon conditionnel…) « sauvés » du fascisme d’Hitler en 1945 ou du communisme de Staline, vers 1948, le moment est venu de rompre avec eux.

La première condition pour donner une conscience aux Européens est de les contraindre à la rupture avec l’Amérique, que ce soit sur le plan politique, culturel, militaire. La ségrégation psychologique est indispensable.

Notre anti-américanisme procède donc de deux facteurs essentiels– d’abord antagonisme des intérêts américains et européens (même un Goldwater président des USA serait un adversaire historique pour nous) ensuite la nécessité de la rupture psychologique d’avec le style de vie américain.

L’Europe, un projet de l’homme.

L’Europe est, pour nous, le terrain sur lequel nous ferons croître un type d’homme, ce sera le terreau dans lequel il sera possible de planter un « projet de l’homme ».

Un projet essentiellement différent de celui qui sort des concepts matérialistes américain et russe. En URSS règne l’américanisme du pauvre, aux Etats-Unis le communisme des riches.

Le bonheur par la seule détention des biens matériels est une vue d’un esprit primaire. C’est l’héritage de Carthage, c’est un idéal de mercanti ou de candidat-mercanti.

N’importe quel élève en philosophie sait que la satiété matérielle ne donne pas le « bonheur», que le « bonheur» n’existe d’ailleurs pas (un homme s’épanouit, se réalise, il peut tendre vers la plénitude, pas vers le « bonheur »).

Les faits divers nous enseignent que des millionnaires se suicident d’ennui, et que la richesse matérielle ne met pas à l’abri des troubles psychiatriques (cf. Suède et USA).

L’Europe, pour nous, est donc et surtout un autre style de vie, une autre esthétique de l’homme. Il est exact que le communisme s’est surtout imposé par les violences physiques (en quoi ilest encore archaïque dans ses moyens de coercition) ; cela ne peut nous faire oublier que l’américanisme s’impose par la violence psychologique constante (publicité, propagande sociologique, conformisation).

Pour nous il n’y a pas de différence fondamentale entre l’abrutissement au profit du chiffre d’affaire de la Metro-Goldwyn-Mayer ou au profit du catéchisme marxiste.

La différence entre Washington et Moscou réside dans le maïs. Au bord du Potomac c’est Carthage avec du maïs, au bord de la Moscova c’est Carthage sans maïs.

Pour plus de détails, relisez mes articles et livres antérieurs.

L’Américain moyen qui acclamait Goldwater n’était pas plus évolué que celui qui acclamait Johnson- nous avions devant nous deux coloris d’un spécimen de la même basse-cour. La John Birch Society développe des thèses similaires à l’anti-communisme de 1923.

La pauvreté, la stérilité de la pensée américaine sont des phénomènes écrasants.

Nous avons affaire à des primaires dans le domaine de la pensée politique et de la pensée tout court. Je ne puis que m’esclaffer d’ironie quand je lis les âneries que furent « The new Freedom » de Woodrow Wilson, le « New Deal » de Roosevelt, le « New Frontier » de Kennedy, ou la dernière blague « The Great Society » de Johnson.

Tout cela vingt-cinq siècles après Aristote.

La mauvaise foi des américanophiles d’ici.

La thèse des journalistes qui vivotent de dollars perçus des Ambassades US est que de Gaulle ébranle « l’Occident » en détruisant l’unité OTANesque, ou OTANique.

La farce commence à nous indisposer.

Chœur des collabos-

Première scène –« Ah les américains doivent rester en Europe, puisqu’ils sont les seuls à posséder la bombe atomique »

Deuxième scène – « Pourquoi fabriquer des bombes françaises puisque les Américains en ont déjà »

Rideau.

Les Américains restent.

Le prétexte à l’occupation américaine en Europe est la détention exclusive par eux de l’armement atomique.

En ne voulant pas céder à l’Europe les « secrets » (que les Russes possèdent…) des fabrications atomiques militaires les Américains établissent à souhait la preuve qu’ils veulent conserver le prétexte à leur occupation de l’Europe. S’ils avaient réellement envie de repartir un jour, ils s’appliqueraient à nous vendre, à nous louer, à nous prêter de l’armement atomique.

Pour perpétuer l’occupation, il faut perpétuer le prétexte de l’occupation. C’est aveuglant – sauf bien entendu pour ceux qui ont un épais bandeau de dollars sur les yeux.

La libération de 1944, la répression sanglante dans l’affaire d’Algérie apparaitront, dans cent ans, comme des phénomènes mineurs de l’épopée gaulliste à côté de la création de l’armement atomique européen au départ de l’armement atomique français.

Pas d’Etat sans armée, pas d’armée sans moyens atomiques.

Le général l’a bien compris.

Les révolutionnaires « différés » et l’esprit de démission.

Toute la clique des naïfs ou des mercenaires US qui soutient la thèse « Ah, que ferions-nous sans les Américains » appartient au type d’homme éternellement velléitaire. Ce sont des hommes qui conjuguent tout à l’intentionnel. A l’intentionnel futur.

Pour ces « révolutionnaires européens » (en fait des conservateurs bourgeois) de la plus méprisable facture menchévique tout pourrait se résumer ainsi-

-par les autres

-ailleurs

-plus tard…

Les autres sont les Américains, ailleurs c’est l’Indochine, et pour ce qui est de plus tard il s’agit de la création complète de l’Europe.

C’est l’esprit de démission masqué derrière le verbalisme.

Conclusions

L’Europe devra se faire CONTRE les Américains tout autant que contre les Russes. On ne peut dissocier le « peuple » américain de la politique américaine. Nous n’avons pas la moindre haine l’égard du peuple américain ou du peuple russe. Mais nous avons une terrible détermination de briser les politiques d’occupation américaine et russe en Europe. Pour ce faire, il faut armer l’Europe de façon autonome (l’idée reprise par de Gaulle), il faut casser l’occupation occidentale de l’Europe en cassant l’OTAN, il faut casser l’occupation russe en exacerbant un communisme contre l’autre (pour commencer)-

Le jeu politique comporte des risques calculés. Ceux qui aujourd’hui ont peur du départ du parapluie atomique américain nous racontaient déjà cela il y a15 ans ; si on les laisse faire ils le raconteront encore dans 50 ans.

L’URSS est maintenant sur la défensive, sans élan; le récent congrès du PC à Moscou s’identifie à l’assemblée générale d’une Ligue des familles nombreuses. La puissance militaire russe reste considérable et dangereuse ; mais le messianisme d’expansion est usé, vieilli. C’est le commencement du reflux pour Moscou.

Jean THIRIART

« La liberté-non pas la liberté rhétorique d’une utopie impossible, mais la liberté concrète telle que peuvent l’atteindre les hommes véritables quand ils ont ce bonheur- est l’idéal dominant de Machiavel et la norme finale de son jugement. »

Précisons davantage –

« Ce mot signifiait pour lui, par rapport à un groupe donné de personnes – l’indépendance.

C’est-à-dire l’absencede sujétion extérieure à un autre groupe ; et, intérieurement, le gouvernement par la loi et non par la volonté arbitraire d’individus, princes ou roturiers. L’indépendance, première condition de la liberté, ne peut être assurée, en dernière analyse, que par la force armée des citoyens eux-mêmes, jamais par des alliés, des mercenaires ou de l’argent ; en conséquence, les armes sont le premier fondement de la liberté. On ne sauvegarde sa liberté d’une façon durable que par sa propre force. »

(Machiavel, décrit par Burnham)

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