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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Benzema à l’assaut de la laïcité

Publié par Leblancetlenoir sur 3 Juin 2016, 10:19am

Catégories : #Société, #ISLAM, #RELIGION, #POLITIQUE FRANCE

Benzema à l’assaut de la laïcité

L’affaire Benzema n’est pas seulement l’illustration d’une habituelle (et agaçante) victimisation en vigueur dans certaines communautés issues de l’immigration – victimisation bien connue de tous ceux qui habitent les quartiers sensibles et qui s’entendent reprocher leur prétendu racisme à tous bouts de champ. Elle s’intègre dans un mouvement beaucoup plus inquiétant de contestation qui vise la laïcité et qui rencontre de nombreux émules au sein de la gauche bien pensante.

Benzema ne chante pas la Marseillaise, mais veut représenter la France…

Le tabou règne sur les mécanismes qui ont poussé un joueur de football d’origine algérienne à expliquer sa non-sélection dans l’équipe de France par le racisme des Français.

Voilà quand même un homme de trente ans, né à Lyon, qui a bénéficié de la formation apportée par l’Olympique Lyonnais, grâce à laquelle il gagne aujourd’hui 7 millions d’euros par an, soit plus que la plupart des patrons quinquagénaires diplômés de grandes écoles. Victime de ce traitement épouvantablement raciste et discriminatoire, Benzema s’est senti obligé de faire chanter un de ses coéquipiers pour gagner quelques centaines de milliers d’euros de plus. On a bien conscience que ce sont les Français qui l’ont poussé à ce comportement de voyou et que lui-même n’y est pour rien.

Au passage, Benzema s’était illustré par son refus de chanter la Marseillaise

Donc, voilà un joueur dont la France a détecté le talent, qu’elle a formé, qui est riche à millions, qui ne respecte pas les lois, qui se montre pour le moins indélicat vis-à-vis du maillot de l’équipe nationale, et qui reproche aujourd’hui un racisme foncier à un pays dont il aimerait pourtant être le représentant. Benzema, l’enfant roi qui découvre que la planète ne tourne pas autour de lui et que lui aussi doit accepter les règles de la vie en collectivité…

Toutes les règles sont racistes si elles sont impartiales

La question est de savoir pourquoi un acteur comme Jamel Debbouze a pu voir, dans ces agissements d’enfant gâté qui a besoin d’être remis à sa place, un symbole de la discrimination infligée aux enfants issus de la communauté algérienne:

Ces gamins représentent en plus tellement de choses, notamment en banlieues. N’avoir aucun de «nos» représentants en équipe de France… Quand on vient des quartiers, on a une mécanique qui nous est propre. Avec un mélange de joie, de frustration et d’envie, on veut bouffer la terre entière mais avec nos potes et notre famille. Tant qu’on ne permet pas aux quartiers d’évoluer et qu’on en fera pas des Sillicon Valley, qu’on ne leur permettra pas de s’épanouir humainement, socialement et économiquement, on «leur» en voudra toujours d’être ce qu’ils sont.

Là encore… Voir dans Benzema l’illustration d’un jeune des quartiers que la France a empêché de s’épanouir est un foutage de gueule intégral, révélateur du ressenti spécifique aux enfants issus de l’immigration algérienne vis-à-vis du racisme. Entend-on un seul Asiatique en France revendiquer une représentation chinoise ou viêtnamienne dans l’équipe de France? Entend-on un seul Asiatique expliquer cette absence par un prétendu racisme des Français?

Sur le fond, il faut avoir le courage de dire que l’immigration algérienne a un rapport malsain à la loi et à la règle: toute loi est raciste dès lors qu’elle contrevient à la volonté individuelle, toute règle est discriminatoire dès lors qu’elle limite le désir au lieu de l’accomplir. Qu’un entraîneur d’obédience chrétienne écarte un jeune issu de l’immigration algérienne pour un faisceau d’indices objectifs et de bon sens, et c’est forcément la preuve qu’il est raciste.

Dans ce réflexe, on retrouve bien l’idée que la règle sociale doit être organisée autour de la satisfaction individuelle du mâle dominant qui doit avoir tous les droits, et non autour de critères objectifs et rationnels, impartiaux et argumentés.

Dans la réaction identitaire des Debbouze et Benzema, on ne dit pas assez que c’est le principe de l’impartialité de la règle, le fondement de l’Etat de droit qui est remis en cause.

Quand la partialité du droit devient un projet politique

Beaucoup de (faux) bisounours de gauche (qui misent sur les « communautés » pour être élus et aller à la gamelle) font semblant de répéter avec sérieux que la question identitaire est un paravent pour occulter la question sociale. Tout le monde qu’il n’y a pas plus de réaction identitaire en France qu’il n’y a de beurre en branche dans la campagne normande.

Le sujet est en revanche de savoir si oui ou non la revendication religieuse du prolétariat musulman peut être reçue comme telle en France, avec toute la dimension politique qu’elle comporte. Quand Debbouze parle de « nos représentants » en équipe de France, il exprime bien un projet politique de fait consistant à mettre l’Etat au service d’une communauté dont la vision du monde s’appuie sur une doctrine religieuse. Je n’entends pas ici dire que Debbouze est un salafiste. En revanche, il est évident que les valeurs qui fondent l’identité du « nous » se distinguent d’abord par une foi dans l’Islam dont la conception politique entre en collision frontale avec les principes de la laïcité.

Les (faux) bisounours porteront une lourde culpabilité pour refuser d’entendre que le prolétariat musulman ne revendique pas la dictature du prolétariat, ni la lutte des classes, mais une modification fondamentale des règles en vigueur dans l’Etat de droit au profit d’une doctrine étrangère à la démocratie libérale.

Haro sur la laïcité et la liberté de penser

Ce qui fait froid dans le dos, c’est la complicité naturelle qui se dégage de plus en plus souvent entre le projet politique des Benzema, qui repose sur une subordination de l’Etat de droit aux magouilles individuelles, façon FLN et Bouteflika, et la fascination suicidaire des bisounours pour une religion qui les hait structurellement.

Je prends ici l’exemple d’un article produit par Slate, sous la plume d’Aude Lorriaux, consacré à la laïcité. J’en extrais un florilège:

Car, depuis plusieurs années, les critiques à l’encontre de la conception française de la laïcité se multiplient, et plus généralement des critiques accusant le pays de racisme et d’islamophobie. Dans le viseur, tout particulièrement, les différentes lois sur le voile, qui ont progressivement restreint les libertés religieuses des musulmans. (…)

La France est de plus en plus perçue par une partie de l’opinion publique mondiale comme hostile aux immigrés et particulièrement aux musulmans. (…)

Ces critiques ne concernent pas d’ailleurs que les opinions publiques de pays musulmans, ou que les opinions publiques tout court. Elles gagnent aussi le milieu intellectuel des pays développés. (…)

Mais son objectif <du site du ministère des Affaires Etrangères> n’est de toute façon clairement pas de présenter un tableau objectif des discriminations et du racisme en France mais bien de mettre en valeur l’action du gouvernement sur le sujet, pour contrer l’isolement du pays, seul dans le monde à défendre sa «laïcité». Une laïcité de plus en plus virulente et perçue par le reste de la planète comme le cache-misère d’un racisme diffus.

Certains sont manifestement impatients d’importer la conception anglo-saxonne de la liberté religieuse… qui s’appelle le communautarisme.

http://www.eric-verhaeghe.fr/benzema-a-lassaut-de-laicite/

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