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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Je regrette

Publié par Leblancetlenoir sur 22 Août 2016, 23:13pm

Catégories : #Bonnes feuilles, #HISTOIRE, #POLITIQUE FRANCE, #POLITIQUE

Je regrette

On ne peut pas plaire à tout le monde... En parlant favorablement d'un livre écrit par un ancien d'Action Directe, nous n'allons pas nous faire que des amis. Cela pourrait être de la provocation... Même pas... Certes le titre pourrait laisser penser qu'enfin Jean-Marc Rouillan va se livrer à des regrets en bonne et due forme. Ce serait mal connaître l'intéressé.

J'ai rencontré à deux reprises JM Rouillan, les deux fois à Marseille. Nous ne sommes pas du même bord, il le sait, même si nous pouvons nous rejoindre sur des constats et analyses. Je n'ai pas souhaité évoquer son passé et ses démêlés judiciaires. A quoi bon ? J'ai rencontré un homme sympathique, intelligent, curieux, à l'écoute. Je lui ai fait connaitre les écrits de (et sur) Thiriart, notamment ce que ce dernier écrivait peu de temps avant sa mort :

En mai 1992, dans des notes diverses dont certaines faisant état d’un « bref inventaire des actions possibles dans l'immédiat », Thiriart écrit :

« La toute première action doit être humanitaire.

C'est l'aide à tous les détenus palestiniens, militants survivants de la RAF en Allemagne, des détenus CCC en Belgique, des détenus Action Directe en France, des détenus brigadistes en Italie, des détenus staliniens en Russie, des détenus communistes kurdes en Turquie.

Pour tous, il faut lutter afin d'obtenir un statut de détenu prisonniers politiques (visites, correspondances, lectures, rencontres, regroupements). Il faut aider les familles. Il faut créer un collectif européen d'avocats. La même organisation d'aide humanitaire pour toute l'Europe, dans toute l'Europe. »

Ce à quoi, Rouillan m'écrira : " J'ai été très surpris par ce que j'ai lu. Comme quoi on apprend toujours."

Avant de rencontrer JMR, j'avais lu ses livres et j'avais été frappé par la qualité littéraire de ses écrits, en contraste total avec la présentation qui en est faite généralement par les media.

Rouillan a été jugé. Il a payé. 28 ans de prison, réincarcération en octobre 2008 suite aux propos tenus au journal L'EXPRESS. Cela mérite qu'ils soient rappelés : A la question : "Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment cet assassinat de Georges Besse ? Rouillan répond : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique."

Car tel est l'état de notre démocratie aujourd'hui où la Liberté n'est qu'une abstraction et un mot vide de sens. Liberté strictement encadrée pour ne pas déranger le Système. Voici également l'état de la Justice dans ce pays en 2016 où un condamné doit s'acquitter de sa peine et au surplus, faire acte de contrition. Avec ces procédés, on n'est plus dans le registre de la Politique mais dans celui de la Morale où on reste coupable tant qu'on n'a pas exprimé des remords.

A la suite des propos tenus en février 2016 à une radio marseillaise au sujet des attentats de Paris, le parquet a requis un an de prison ferme à l'encontre de JM Rouillan. Ce n'est plus de la justice, c'est de l'acharnement. Le jugement sera rendu le 7 septembre 2016.

La ligue des droits de l'homme a déclaré qu'en engageant ces poursuites contre Rouillan pour ses déclarations "le parquet ne demande pas de sanctionner une apologie mais tente d'interdire une opinion dont il déforme sciemment le sens. Si l'on suit le parquet dans sa volonté de limiter la liberté d'expression aux seules opinions convenues, choquer ou critiquer deviendra bientôt un délit."

Au nom de la liberté d'expression, au nom de la défense de la liberté d'expression de plus en plus menacée, nous sommes aux côtés de Jean-Marc Rouillan pour qu'on lui fiche ENFIN la paix.

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Je regrette d’être emprisonné pour délit d’opinion quand j’ai affirmé durant toute mon existence que seul l’acte donne leur véritable sens aux mots.
Dans les Vers nouveaux, Rimbaud était bien plus explicite : “De rage, sanglots de tout enfer renversant… Industriels, princes, sénats, périssez ! Puissance, justice, histoire, à bas !”
J’aurais peut-être dû versifier mon propos ?
Un de ces jours, il me faudra tout de même calculer (en jours de prison) le poids de chacun des mots qui provoqua les foudres de la justice (4ème de couverture).

Jann Marc Rouillan, Je regrette, Editions Agone 2016, coll. cent mille signes.

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