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LE BLANC ET LE NOIR

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Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Le New York Times qualifie la Russie d’« État hors-la-loi »

Publié par Leblancetlenoir sur 3 Octobre 2016, 07:31am

Catégories : #IMPERIALISME AMERICAIN, #ETATS UNIS, #RUSSIE, #Syrie

Le New York Times qualifie la Russie d’« État hors-la-loi »

Au milieu de menaces publiques croissantes comme quoi les États-Unis seraient en train de préparer une escalade de leur intervention militaire en Syrie, le New York Times a publié jeudi un article de fond qui a qualifié la Russie d’« État hors-la-loi. »

Ce durcissement du discours, qui est devenu de plus en plus hystérique en ce qui concerne la Russie, est la réaction à la débâcle subie par l’impérialisme américain au cours des cinq années de la guerre par procuration qu’ils mènent pour obtenir un changement de régime en Syrie. Les forces du gouvernement syrien qui sont soutenues par les forces aériennes russes, semblent être sur le point de reprendre toute la portion orientale d’Alep, le principal bastion des « rebelles » appuyés par les États-Unis et composés principalement de milices islamistes affiliées à al Qaïda.

Le ministre des affaires étrangères John Kerry a adressé mercredi un ultimatum à son homologue russe Sergueï Lavrov : soit la Russie retient à la fois ses avions de chasse et ceux du gouvernement syrien au sol, soit Washington rompra toutes négociations avec Moscou sur la Syrie.

La signification de cette menace a de plus été précisée lors d’un point de presse par le porte-parole du ministère des affaires étrangères John Kirby qui a déclaré aux journalistes que vu que la Russie a rechigné à s’incliner devant les exigences américaines, « des extrémistes et des groupes d’extrémistes continueront à […] étendre leurs opérations qui comprendront, sans aucun doute, des attaques contre la Russie et peut-être même des villes russes, et que la Russie continuera de rapatrier des soldats dans des housses mortuaires en continuant aussi de perdre des ressources et même peut-être des avions ».

Le caractère provocateur et parfaitement effronté des remarques de Kirby n’est pas dû au hasard. Le fait que Washington voulait formuler une menace quant au déclenchement d’un terrorisme parrainé par la CIA contre la Russie a été souligné par une rubrique de Philip Gordon parue dans le Washington Post. Celui-ci fut jusqu’à l’an dernier le conseiller de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Golfe persique. Ce billet qui prévenait dans son titre que « la Russie paiera le prix », a recouru à un langage quasi identique en affirmant qu’une continuation des actions russes en Syrie « pourrait bien avoir pour conséquence des attaques terroristes contre la Russie. »

Gordon a poursuivi en prévenant que le gouvernement Obama pourrait prendre des mesures afin « d’augmenter les coûts pour la Russie », en ajoutant, « L’armement de l’opposition à l’aide de missiles lançables à l’épaule et capables de frapper des avions russes et syrien au-dessus d’Alep figure parmi les options ».

L’ancien conseiller à la Maison Blanche a mis en garde Moscou que si « Hillary Clinton devenait la prochaine présidente des États-Unis, Poutine pourrait avoir à faire à un dirigeant américain qui préconise depuis longtemps une zone d’exclusion aérienne en Syrie et un soutien solide de l’opposition en exprimant son scepticisme à l’égard des intentions de Poutine en Syrie et en cherchant à réaffirmer plus clairement le rôle prééminent des États-Unis au Moyen-Orient ».

Il est cependant évident que la question, à savoir si une escalade de l’intervention américaine en Syrie peut attendre jusqu’après les élections américaines du 8 novembre, est devenu le sujet d’un débat animé au sein de l’establishment dirigeant américain.

L’agence d’information Reuters a cité de hauts fonctionnaires sous couvert d’anonymat qui ont dit que le gouvernement Obama considérait « des réactions plus dures contre l’attaque du gouvernement syrien qui est appuyé par la Russie, y compris des options militaires », incluant la fourniture d’armes aux « rebelles » liés à al Qaïda et des frappes aériennes contre les positions du gouvernement syrien. (La deuxième option a d’ores et déjà été mise en pratique par le bombardement américain du 17 septembre qui a tué et blessé près de 200 soldats syriens près de Deir ez Zor et que Washington prétend avoir été un accident.)

De par son éditorial, qui dénonce la Russie comme un « État hors-la-loi », le New York Times joue un rôle dans le débat avec les cercles dirigeants américain au sujet de l’intervention en Syrie. Il veut une escalade militaire et il la veut maintenant, contre la Russie.

Le Times a écrit : « Le président Obama a longtemps refusé d’accepter une intervention militaire en Syrie. Et M. Poutine pourrait partir du principe qu’il est peu probable que M. Obama affronte la Russie durant les derniers mois de son mandat et au vu d’une campagne électorale américaine battant son plein. Mais, compte tenu du fait que le bastion rebelle d’Alep risque de tomber aux mains du gouvernement, des responsables gouvernementaux ont dit qu’une telle réaction était de nouveau à l’étude ».

Pour renforcer sa thèse, le Times avance des accusations non corroborées et proférées dans une enquête reposant entièrement sur « des preuves » fournies par la police secrète ukrainienne selon laquelle la Russie serait responsable d’avoir abattu en juillet 2014 l’avion de la Malaysia Airline au-dessus de la région du Donbass déchirée par la guerre.

Le journal déclare que Poutine est coupable « de massacrer des civils en Syrie et en Ukraine, d’avoir annexé la Crimée, piraté les agences gouvernementales américaines », et « d’écraser la dissidence dans son pays. »

Le gouvernement de Poutine représente l’oligarchie dirigeante russe qui s’est enrichie grâce au vol de la propriété d’État durant la dissolution de l’Union soviétique et la restauration du capitalisme. Son intervention en Syrie tout en ayant un caractère défensif en réaction aux tentatives américaines d’encercler et d’isoler la Russie, représente les intérêts de cette oligarchie et n’offre pas de solution progressiste à la catastrophe que l’impérialisme a causé en Syrie et au Moyen-Orient en général.

Ceci étant dit, les crimes commis par Poutine font pâle figure face à ceux perpétrés par les gouvernements américains successifs qui ont tous bénéficié de la duplicité et de la propagande médiatique du New York Times.

Le gouvernement américain est responsable de la mort de plus d’un million de personnes en Irak et de centaines de milliers d’autres en de l’Afghanistan à la Libye en passant par le Yémen. Il a fomenté les opérations de changement de régime tant en Ukraine qu’en Syrie qui ont entraîné un carnage dans ces pays, et en grande partie grâce à des armes livrées par la CIA.

De plus, alors même que le Times s’en prend au « carnage » mené par les Russes en Syrie, le Pentagone annonce l’envoi de 600 soldats américains supplémentaires en Irak afin de préparer le siège de Mossoul qui, tout comme les assauts contre Fallujah et Ramadi, impliquera des crimes de masse contre la population civile.

En ce qui concerne le piratage informatique russe, le Times parle au nom du gouvernement américain qui, par le biais de la NSA, s’adonne à la plus grande opération d’espionnage que le monde a jamais vue. Et, pour ce qui est d’« écraser la dissidence à l’intérieur du pays », les États-Unis, faut-il le rappeler, sont le pays où la police a tué plus d’un millier de personnes par an et près de 2 millions de personnes se trouvent derrière les barreaux. Bref, l’éditorial du Times est un article de propagande de guerre.

Le terme « État hors-la-loi » fut d’abord officiellement employé par Ronald Reagan. Il fut par la suite sous Bill Clinton changé en « État voyou » (rogue state), puis sous George W. Bush il devint « l’axe du mal ». Ces termes ont systématiquement été utilisés pour décrire des États opprimés, semi-coloniaux et ciblés par l’impérialisme américain en vue d’une guerre et de conquête : le Nicaragua, l’île de Grenade, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Corée du nord, l’Iran, etc.

Actuellement, il est employé dans les pages du New York Times pour décrire la Russie, un pays de 146 millions d’habitants et qui est doté de l’arme nucléaire. Les implications ne pourraient être plus inquiétantes.

Si les motivations des rédacteurs du Times pourraient inclure des considérations politiques à courte durée – la possibilité d’un « Octobre surprise » en Syrie stimulant les perspectives de la candidate démocrate Hillary Clinton – la campagne de propagande anti-russe que mène le journal a des racines bien plus profondes qui se trouvent dans la crise du capitalisme américain et de la tentative continue de l’impérialisme américain de surmonter son déclin historique au moyen de l’instrument du militarisme.

Si les mots ont un sens, l’éditorial du Times est un avertissement : les préparatifs d’une troisième guerre mondiale sont en train de rapidement progresser dans le dos de la population des États-Unis et de la planète entière.

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La Syrie et la pseudo-gauche pro-impérialiste

Cette semaine, comme les critiques du cessez-le-feu américano-russe en Syrie s’intensifiaient parmi les gradés du Pentagone, un analyste de premier plan de la politique étrangère a publié une déclaration dénonçant la trêve. Il a réitéré les appels à ce que les États-Unis renversent le président Bachar al-Assad, et il a préconisé une escalade majeure de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN en Syrie en armant l’opposition islamiste de missiles anti-aériens et d’autres armes.

« Comme presque tout le monde le sait maintenant », a écrit ce critique, « le nouvel accord de cessez-le-feu sur la Syrie est voué à l’échec, comme tout accord de la sorte qui ne règle pas le problème politique central de la crise. Bien sûr, même un répit qui ne dure pas est mieux que rien du tout (bien que la trêve ait été jusqu’ici très décevante à l’égard de l’aide humanitaire). Mais sans un programme qui comprenne un accord global pour que Bachar al-Assad démissionne et permette une transition vers un gouvernement pluraliste, aucun cessez-le-feu n’est possible dans ce pays déchiré par la guerre ».

Il a ajouté : « Sans un équilibre des forces militaires sur le terrain en Syrie, ce qui forcerait le régime d’Assad et ses soutiens iraniens à chercher un vrai compromis, un véritable règlement politique est impossible. [… La] question de la création d’un tel équilibre des forces, en particulier en fournissant à l’opposition syrienne des missiles anti-aériens capables de limiter l’utilisation par le régime syrien de la puissance aérienne, son arme principale de destruction à grande échelle, est la principale pomme de discorde sur la Syrie au sein du gouvernement Obama depuis 2012 ».

On pourrait supposer que cet essai a été préparé par un agent de la CIA, ou, peut-être, un chroniqueur, soit au Wall Street Journal soit au New York Times. En fait, l’auteur est Gilbert Achcar, l’éminent associé du Nouveau Parti anticapitaliste de France (NPA). Achcar a quitté ce mouvement pour prendre un poste de professeur à la School of African and Oriental Studies (l’École d’études orientales et africaines – SOAS) à Londres et pour rejoindre le groupe Socialist Resistance en Grande-Bretagne, lié au NPA. Son dernier article a été écrit pour la publication américaine The Nation et republié sur le site Web pabliste International Viewpoint, affilié au NPA.

Comme Achcar rédigeait son essai, Ashley Smith de l’International Socialist Organization (ISO) aux États-Unis a publié un appel belliciste similaire sur le site Web de Socialist Worker. Pour Smith, la trêve devrait être utilisée pour réarmer les milices « révolutionnaires » soutenues par les États-Unis qui combattent aux côtés du Front al-Nosra lié à Al-Qaïda. Il a écrit que la trêve, « au mieux, pourrait permettre de respirer aux révolutionnaires afin qu’ils se regroupent pour un futur soulèvement contre le régime ».

Smith a attaqué le gouvernement Obama pour son manque d’appétit pour une confrontation majeure avec la Russie. Smith critique Obama pour n'être pas parvenu à exploiter militairement l’épisode concocté du « gaz toxique » en 2013 pour renverser Assad et mettre l’opposition au pouvoir.

Selon Smith, c’est parce que Obama « hésite à appuyer cette politique de peur de se laisser entraîner dans une autre guerre terrestre au Moyen-Orient. Ainsi, chaque fois que le régime d’Assad franchissait de prétendues « lignes rouges », comme son utilisation continue d’armes chimiques, les États-Unis ont préféré passer des accords avec la Russie plutôt que de prendre la moindre action qui pourrait renverser Assad, mais qui risquait aussi d’enclencher un bouleversement plus large. Les États-Unis ont également refusé de fournir à l’ASL [Armée syrienne libre] les armes qu’elle demandait pour de se défendre contre les frappes aériennes du régime ».

Les dénonciations de Smith des « bombardements implacables de cibles civiles » par le régime Assad sont tout à fait hypocrites et adaptées aux besoins spécifiques de l’impérialisme américain. Son indignation sélective oublie les bombardements et le blocus du Yémen par l’Arabie Saoudite soutenus par les États-Unis, qui ont tué des milliers de personnes et menacent de faire mourir de faim des centaines de milliers d’enfants, ce qui a été ignoré par Socialist Worker et l’ensemble de la presse de la pseudo-gauche.

Smith ne se préoccupe pas non plus des massacres sectaires menés par l’opposition islamiste soutenue par les Américains en Syrie, ni du bilan sanglant de l’impérialisme américain lui-même, dont les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie ont toujours coûté la vie à un bien plus grand nombre que l’intervention du Kremlin en Syrie.

Les écrits d’Achcar et Smith effacent toute distinction significative entre les positions des principales tendances politiques de la pseudo-gauche et les représentants les plus impitoyables de l’impérialisme américain et européen. En effet, dans un passage extraordinaire, Achcar termine son essai avec une citation amicale d’Anthony Cordesman, le chef du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).

« Si quelqu’un dans la région avait une quelconque illusion à propos des prétextes démocratiques et humanitaires invoqués par Washington lors des guerres précédentes, ils en sont complètement désabusés maintenant », écrit-il. « Comme l’a observé récemment Anthony Cordesman, l’un des observateurs les plus avisés de la situation politico-militaire au Moyen-Orient, le président américain est maintenant entièrement axé sur une « stratégie de sortie » – cependant, non pas une sortie de la crise syrienne, mais sa propre sortie de ses fonctions ».

« L’observateur avisé » d’Achcar est en fait l’un des stratèges les plus importants du militarisme américain. Il est l’auteur d’innombrables rapports appelant à l’escalade de la guerre des États-Unis au Moyen-Orient et de l’agression contre la Chine et la Russie. Il est également l’auteur d’un rapport du CSIS sur l’éventualité d’une guerre nucléaire qui a minimisé la possible destruction de l’Inde et du Pakistan, autrement dit, le massacre de centaines de millions de personnes, comme étant sans importance économique. « La perte de l’Inde et le Pakistan pourrait créer des problèmes économiques à court terme pour les importateurs de biens et services », a-t-il écrit. « Cependant, l’effet net serait que de transférer les avantages à d’autres fournisseurs sans problèmes évidents quant aux substitutions ou aux coûts ».

Du point de vue d’Achcar, cependant, Cordesman est un collègue avec qui il peut s’associer sur une base amicale. Ils partagent les mêmes objectifs, ainsi que les mêmes ennemis, c’est-à-dire quiconque s’oppose à leurs politiques de guerre.

Les articles par Achcar et Smith expriment non seulement les positions de ces deux personnes, mais l’évolution de forces sociales et de leur reflet dans les tendances politiques.

En 1999, David North, président international du comité de rédaction du World Socialist Web Site, a écrit :

Le modus operandi objectif et les implications sociales de l’essor du marché boursier prolongée ont permis à l' impérialisme de recruter parmi les échelons de la classe moyenne supérieure une nouvelle base de sympathisants dévoués. Le climat intellectuel réactionnaire, conformiste et cynique qui prévaut aux États-Unis et en Europe, promu par les médias et adopté par le milieu universitaire largement servile et corrompu, reflète les perspectives sociales d’une couche hautement privilégiée de la population qui n’a pas le moindre intérêt de vouloir encourager un examen critique des bases économiques et politiques de ses richesses nouvellement acquises [A Quarter Century of War : The US Drive for Global Hegemony 1990-2016].

Cette couche sociale et les tendances politiques qui reflètent leurs intérêts ont fortement évolué vers la droite. Les écrits d’Achcar et Smith montrent comment, au milieu de la désaffection des masses et de la colère croissante contre la guerre dans la classe ouvrière, les organisations de pseudo-gauche sont intégrées et recrutées pour jouer un rôle majeur dans la politique impérialiste. Les organisations et les tendances qui se trouvaient à la tête des manifestations anti-guerre à la fin des années 1960 et 1970 sont maintenant effrontément pour la guerre. Les travailleurs, les étudiants et les jeunes doivent comprendre ce fait, et les processus sociaux qui le sous-tendent, afin de construire un nouveau mouvement contre les dangers immenses auxquels est confrontée l’humanité.

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