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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


La présidence Trump : vers un nouveau stade de l'impérialisme américain ...

Publié par Leblancetlenoir sur 5 Décembre 2016, 07:02am

Catégories : #IMPERIALISME AMERICAIN, #ETATS UNIS, #STRATEGIE, #RELATIONS INTERNATIONALES, #CHINE, #IRAN, #EUROPE, #RUSSIE

 

Nous aurait-on encore menti (comme jadis sur le « prix nobel » de la paix Obama) sur le véritable programme de Donald Trump ?
Quels sont les faits réels et le dessous des cartes ???
Croire en un Trump « isolationniste » (sic) c’est refuser de voir que le lobby militaro-industriel était présent derrière Trump dès sa campagne électorale. Notamment par un panel de près de cents généraux et amiraux (tous des faucons) qui le conseillaient. Que son gouvernement concrétise le retour des mêmes faucons au Pentagone où à la CIA. Et surtout que son programme prévoit un accroissement sans précédent de l’US Navy, de plus d’un quart de ses vaisseaux actuels, dont le but est évidemment le renforcement de la domination mondiale de la thalassocratie américaine !
Décidément les experts se trompent sur tout en ce qui concerne l’évolution des Usa !
Luc MICHEL, Géopoliticien et patron du Think Tank EODE, explique pourquoi Trump va amener l’impérialisme américain à un nouveau sommet de militarisme !


MAIS QUEL EST LE VRAI PROGRAMME INTERNATIONAL ET MILITAIRE DE DONALD TRUMP ?

« Donald Trump a récemment gagné le soutien de 120 amiraux et généraux à la retraite qui ont vanté son soutien à l’armée et ont déclaré qu’il a « le tempérament pour être commandant en chef » et faire face de manière efficace à un monde dangereux »

- The Washington Times.

« Comment Donald Trump et le général James Mattis, son futur secrétaire à la Défense, conduiront-ils l'énorme machine militaire américaine, qui reste, de loin, la plus puissante du monde ? » interrogeait l’AFP ce 2 décembre. Mais il faut revenir sur les questions abordées car les réponses apportées depuis Paris (relevant d’éléments de langage atlantistes) sont bien loin d’être complètes …

RENFORCER COMME JAMAIS LA MACHINE DE GUERRE AMERICAINE :
PLUS DE TROUPES, DE BATEAUX ET D'AVIONS !

« Nous allons entamer un grand effort national pour reconstruire notre armée gravement anémiée », annonce sans équivoque le milliardaire devenu président. Durant sa campagne, Donald Trump a promis d'augmenter les moyens de l'armée américaine: par exemple une marine à 350 navires (308 prévus pour l'instant pour l'horizon 2020), ou une armée de terre à 540.000 hommes (450.000 prévus pour l'instant en 2018). « Les fabricants d'armes américains se frottent les mains et leurs actions sont en hausse ». Mais pour cela, Donald Trump devra trouver un accord avec le Congrès pour faire sauter les limites actuellement posées par la loi sur les dépenses militaires. Ce qui ne devrait poser aucun problème, sénat et congrès étant aux mains d’un parti républicain dominé par les « lobbies de la guerre » (lobby militaro-industriel, faucons, lobby pro-israélien AIPAC, etc), ces mêmes lobbies dominant aussi une grande partie des élus républicains.

Ces dépenses sont de l'ordre de 3,3% du PIB. Elles restent près de trois fois supérieures à celles de la Chine, le numéro 2 mondial qui met les bouchées doubles en ce moment, et plus de 8 fois supérieures à celles de la Russie (selon les chiffres de l'institut suédois Sipri, référence en la matière). Elles vont donc sensiblement augmenter encore …

EXIGER PLUS DES ALLIES TRADITIONNELS ?
LA REORGANISATION ET LA RELANCE DE L’OTAN ET DE L’OTASE

Certains analystes naïfs – j’appelle cela la « Géopolitique de l’émotion », qui est tout sauf de la Géopolitique – proclament que « l’Europe » (mauvaise appellation de l’UE, la petite-Europe croupion de Bruxelles) « se tournerait vers la Russie ». Analyse ubuesque au moment où le Parlement Europén vote ses résolutions russophobes et où le Pentagone tombe aux mains du général Mattis, homme-clé de la mise au pas et du développement de l’OTAN à l’Est !

Donald Trump estime que « l'Amérique paye trop pour la défense de ses alliés », en Europe via l'Otan, ou en Asie via les alliances stratégiques nouées avec des pays comme le Japon ou la Corée du Sud. L'armée américaine compte notamment 28.500 hommes stationnés en Corée du Sud, environ 50.000 au Japon. « Le général Mattis devra clarifier auprès des alliés les intentions de l'administration Trump ». Mais « les bases dispersées à travers le monde (près de 400) grâce à ces alliances sont un élément clé de la puissance militaire américaine, à laquelle M. Trump ne semble vouloir donner aucun signe de renoncement ».

Mattis sera là dans son élément car il a fait une grande partie de sa carrière à la tête précisément de l’OTAN : James Mattis occupe de 2007 à 2009 le poste de commandant suprême allié de la transformation de l'OTAN et de son extension à l’Est européen, aux frontières de la Russie.

LES FAUCONS DU PENTAGONE DERRIERE TRUMP !

La nomination de généraux dans l’administration de Trump, particulièrement à la CIA et au Pentagone, n’est une surprise que pour les mal-informés.

En effet, Donald Trump avait dès sa victoire à la primaire des Républicains emporté le soutien de 88 généraux et amiraux à la retraite dans une lettre ouverte diffusée, alors que le candidat républicain « cherchait à solidifier le soutien dont il disposait dans la communauté militaire contre Hillary Clinton en novembre ». La campagne du candidat républicain avait alors dévoilé la lettre, organisée par le major général Sidney Shachnow […] et le vice-amiral Charles Williams, avant un discours sur les affaires des vétérans à Virginia Beach, en Virginie (sur fond de cuirassier). Shachnow a déclaré que Trump avait « le tempérament pour être commandant-en-chef », alors que Williams avait qualifié le candidat républicain de « plus digne de confiance » que Clinton.

Dans la lettre, les commandants militaires à la retraite avaient averti d’une combinaison « potentiellement extrêmement périlleuse » de coupes budgétaires et de choix politiques qui ont « enhardi » les ennemis du pays en conséquence de ces actions. « C’est en particulier le cas si notre gouvernement persiste dans les pratiques qui nous ont amenées dans l’impasse actuelle », ont-ils écrit dans la lettre. « Pour cette raison, nous soutenons Donald Trump et son engagement à reconstruire notre armée, à sécuriser nos frontières, à vaincre nos adversaires suprémacistes islamistes et à restaurer la loi et l’ordre intérieurement. Nous pressons nos compatriotes américains de faire de même. »

Trump a qualifié ces soutiens de « grand honneur » dans un communiqué diffusé par son équipe de campagne. « Je remercie chacun d’eux pour leur service et leur confiance en moi pour servir comme commandant-en-chef », a déclaré Trump. « Garder notre nation sûre et mener nos forces armées est la responsabilité la plus importante de la présidence. ».

QUE VEULENT CES GENERAUX ?

Ces officiers généraux étaient 120 au jour de l’élection.
Quel est leur demande ? Le programme militaire de Trump !
« Notre politique étrangère doit être guidée par le principe de la paix par la force, et pour faire cela nous devons nous engager à renforcer notre armée afin qu’elle demeure la meilleure force de combat sur la planète » avait déclaré Trump.

Ajoutons que les soutiens militaires de Trump ont été rejoints par 14 récipiendaires de la « Medal of Honor » annonçant leur soutien à Trump. Ils viennent des quatre branches de l’armée et ont servi lors de la Seconde Guerre Mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam et les guerres d’Afghanistan et d’Irak. La Medal of Honor est la plus haute distinction militaire américaine. Si les derniers présidents en ont attribué un certain nombre à des fins politiques de « diversité », il n’en demeure pas moins que seules quelques centaines de personnes l’ont reçue depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la plupart à titre posthume et pour la plupart lors des guerres de Corée et du Vietnam (seuls 77 récipiendaires de la Medal of Honor sont vivants aujourd’hui).

QUE SERA LE POLITIQUE MONDIALE DU PRESIDENT TRUMP :
UN PROGRAMME ANNONCE DE CONFRONTATION MONDIALE !

Trump annonce une politique agressive contre la Chine - continuant le « pivot stratégique » vers le Pacifique et contre la Chine amorcé par Obama - et contre l’Iran, revenant sur les accords signés à Genève …

FIN DES ACCORDS AVEC TEHERAN :
TRUMP VEUT CONTRER L'IRAN PLUS AGRESSIVEMENT

Donald Trump a sévèrement critiqué l'accord sur le nucléaire iranien signé par Barack Obama et les autres dirigeants des grandes puissances avec Téhéran, à Genève, sur le nucléaire civil. Le général Mattis a déjà reconnu « que cet accord serait difficile à remettre en cause ». Mais il défendra sans aucun doute une ligne plus ferme que celle de l'administration Obama envers Téhéran, accusé par Washington de « continuer à financer des réseaux extrémistes qui déstabilisent le Moyen-Orient » (sic) et de développer un programme de missiles balistiques.

ENCORE ET TOUJOURS « LA GUERRE AU TERRORISME » :
DETRUIRE DAECH ?

Comme ses prédécesseurs, avec leur « guerre au terrorisme », Donald Trump veut « détruire » le groupe Etat islamique (EI) et a semblé vouloir mettre le pied sur l'accélérateur pour reconquérir le « califat ». Pour ce faire, le milliardaire populiste a notamment proposé de « tuer les familles des jihadistes » et de « recourir à la torture », une piste qu'il a semblé abandonner après son élection, sous l'influence du général Mattis. Pendant sa campagne, Trump n'a pas semblé vouloir envoyer des troupes américaines combattre directement au sol l'EI (toujours la peur d’un nouveau Vietnam). Il se heurtera donc aux mêmes difficultés que l'administration Obama en Syrie: trouver des troupes locales fiables pour mener l'assaut contre les djihadistes. Pour conquérir le bastion djihadiste de Raqa en Syrie, la coalition dirigée par les Etats-Unis cherche encore « la formule idéale ». Le tout en violation continue de la souveraineté de Damas, qui n’a pas appelé les occidentaux.

QUE FAIRE DU BOURBIER AFGHAN ?

Après quinze ans d'effort américain et occidental, des dizaines de milliards de dollars dépensés pour l'aider, l'armée afghane ne parvient pas à se défendre seule contre les talibans. A Berlin et à Karashi, les USA et l’OTAN négocient depuis plusieurs années pour « associer les Talibans au gouvernement pro-occidental de Kaboul. Barack Obama, qui voulait ne « laisser qu'une force américaine résiduelle de 1.000 hommes à Kaboul » en quittant la Maison Blanche, a dû se résoudre à laisser finalement 8.400 hommes. A nouveau Mattis est à son affaire : En 2010, l'administration Obama le nomme à la tête du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient, qui compte encore 150.000 militaires, dont 66.000 en Afghanistan.

LA QUESTION DES ARMEMENTS NUCLEAIRES

Le président Obama a lancé les programmes de modernisation de la force nucléaire américaine (missiles balistiques terrestres, force aérienne nucléaire, sous-marins lanceurs de missiles balistiques), dont les équipement doivent être renouvelés dans les années à venir. Un tonneau des Danaïdes financier, au point que certains experts appellent à faire des choix drastiques. Mais les tensions face à la Russie font planer le spectre d'une nouvelle course aux armements nucléaires: les Américains accusent par exemple Moscou de « développer un nouveau missile de croisière nucléaire, en violation du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire » (FNI).

La Corée du Nord, qui a accédé à l'arme nucléaire, « préoccupe aussi beaucoup les stratèges américains ».

LUC MICHEL

 

 

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.luc_michel.041216.htm

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