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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Le déclin de l'empire américain

Publié par Leblancetlenoir sur 23 Janvier 2017, 08:07am

Catégories : #ETATS UNIS, #IMPERIALISME AMERICAIN, #EUROPE, #TRUMP, #LE PEN

 

 

 

 

Depuis vendredi dernier, les États-Unis ont un nouveau président. Le discours inaugural aura moins fait parler que les foules présentes. Sur les réseaux sociaux, on voit passer un paquet de comparatifs entre les foules présentes à l'inauguration de Barack Obama en 2009 et celles qui étaient à celle de Donald Trump vendredi dernier. Ça débat fort par rapport aux prises de vue des différentes photos, et ça s'obstine sur lesquelles disent vraies. Je me demande encore en quoi c’est supposé être important. Sur ma propre page Facebook, j'ai eu la naïveté de penser que de pointer du doigt le ridicule d’un débat sur les foules n'allait pas y amener ledit débat. J’apprendrai à l’avenir.

On peut remarquer bien des choses dans le discours inaugural, allant du programme économique (auquel j’ai déjà consacré quelques billets, tant sur les propositions les plus prometteuses que les plus inquiétantes) à la réaffirmation d’une ligne anti-élites. Nous aurons l’occasion d’y revenir, et de constater quelles parts de l’allocution relevaient des intentions sincères et lesquelles n’étaient au final que des vœux pieux et des promesses en l’air.

Je souhaite surtout ici attirer l’attention sur les paroles du nouveau président au sujet de la politique étrangère. Trump a alors mentionné que les États-Unis allaient chercher à avoir de bonnes relations avec le reste du monde mais sans jamais chercher à y imposer le mode de vie américain, réitérant aussi le droit de chaque nation de défendre avant tout ses propres intérêts. Cela est cohérent tant avec sa dénonciation de la guerre en Irak qu’avec sa ligne du America First, témoignant d’une volonté de se pencher désormais presque exclusivement sur les affaires internes du pays. Je ne vise pas ici à accoler à Trump un quelconque idéal humanitaire, lequel est de toute manière des plus rares en politique, mais à lancer l’idée que les États-Unis en sont peut-être à un tournant de leur histoire. Depuis la Guerre froide, Washington tentait de jouer tant sur le hard power (interventions militaires, action des services secrets à l’étranger, etc.) que sur le soft power (emploi de divers modes de séduction) pour maintenir son hyperpuissance selon une définition totalement impérialiste. Or, les dirigeants américains semblent aujourd’hui comprendre qu’ils n’ont plus les moyens d’entretenir un empire qui s’impose d’être le gardien de la civilisation à l’échelle planétaire. Make America Great Again, cela ne signifie pas Make the World Great Again.

Le cas de l’Union européenne est tout particulièrement intéressant. On sait que ce mastodonte bureaucratique est au final un colosse aux pieds d’argile dont la monnaie unique est d’une remarquable inefficacité. Qu’il s’agisse du cas grec en 2015 ou de la situation britannique en 2016, l’UE est dans l’eau chaude. La France, cofondatrice de la construction « européenne », sera en élection au printemps. Si une victoire de Marine Le Pen apparaît peu probable, il n’en demeure pas moins presque certain qu’elle obtiendra un résultat impressionnant. Or, le parti de Le Pen a une ligne anti-UE depuis plusieurs décennies. Il va de soi que le « modèle Trump » donne de l’eau au moulin de tous ces partis « eurosceptiques », un terme très mal choisi pour désigner des formations qui ne sont en aucun cas « sceptiques » face à cet échec total qu’est l’Union européenne. Dans un texte qui n’est certainement pas exempt de vertus pédagogiques, Sam Haroun écrivait que l’enthousiasme que porte Trump pour le Brexit –ajoutant aussi que d’autres pays pourraient suivre- ne témoigne que d’une volonté d’affaiblir un grand ensemble économique capable de rivaliser avec Washington. Je suis en désaccord avec cette analyse. Les États-Unis ont déjà une influence très forte sur l’UE et n’ont aucun intérêt politique à la démanteler. Sous Trump, on pourrait plutôt percevoir une nouvelle indifférence, en plus d’une sympathie pour des courants pouvant sembler similaires à celui qu’il incarne lui-même.

Nous continuerons à suivre avec intérêt ce que sera la « doctrine Trump » en matière de politique étrangère. Espérons, pour le bien des États-Unis comme pour celui du reste du monde, qu’on ait véritablement compris, à la Maison-Blanche, qu’il n’y aura plus d’hyperpuissance américaine comme par le passé.

 

http://www.journaldemontreal.com/2017/01/22/le-declin-de-lempire-americain

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