Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


À vouloir obliger le Donbass et la Crimée à revenir par la force, l’Ukraine accélère son processus d’auto-destruction

Publié par Leblancetlenoir sur 27 Février 2017, 21:37pm

Catégories : #UKRAINE, #DONBASS, #RUSSIE, #EUROPE, #CRIMEE

Empêtrée dans ses contradictions internes, l'Ukraine est en train de plonger tête la première dans le gouffre, tout en prenant soin avant de se lester les pieds avec des blocs de béton.

Alors que le blocus du Donbass continue, plombant l'économie ukrainienne, et mettant le pays en état d'urgence énergétique, et que les radicaux ukrainiens menacent de durcir ce dernier en coupant les routes qui relient le Donbass au reste de l'Ukraine, le fossé entre l'Ukraine et le Donbass s'agrandit.

Après avoir perturbé les réseaux mobiles comme Life et ceux de plusieurs fournisseurs d'internet ukrainiens, au risque de voir les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) passer sur des réseaux russes, le blocus imposé par les ultra nationalistes ukrainiens risque bien d'avoir des conséquences encore plus graves.

Ce blocus perturbant le fonctionnement de plusieurs usines appartenant à des hommes d'affaires ukrainiens (dont Rinat Akhmetov), et provoquant la fermeture pure et simple de plusieurs d'entre elles dont l'usine métallurgique d'Enakievo, les autorités de la RPD et de la RPL ont posé ensemble un ultimatum fort aux autorités ukrainiennes.

Dans une déclaration commune, Alexandre Zakharchenko et Igor Plotnitsky ont en effet annoncé que si le blocus n'était pas levé d'ici le 1er mars à minuit, ils installeront leur propres directions à la tête de toutes les entreprises sous juridiction ukrainienne qui travaillent en RPD et RPL, cesseront définitivement de fournir du charbon à l'Ukraine, et restructureront tous les processus de production pour les orienter vers le marché russe et vers d'autres pays, réalisant ainsi l'une des premières promesses qui avaient été faites lors de la proclamation des deux républiques.

À vouloir forcer les gens du Donbass à vivre sous leurs règles par la force, les actions des autorités ukrainiennes agissent comme un repoussoir. L'Ukraine semble n'avoir rien appris de ce qui s'est passé en Crimée, alors que les preuves que cette dernière se passe très bien de l'Ukraine et ne souhaite pas y retourner s'accumulent.

Ainsi une étude faite par l'Agence Fédérale des Affaires Ethniques russe révèle qu'aucun des Tatars vivant en Crimée n'a envie d'aller vivre en Ukraine. Et quand on dit aucun, c'est aucun… À la question « Si vous pouviez déménager vers une autre région de Crimée, de Russie, en Ukraine ou dans un autre pays, où iriez-vous ? » les réponses furent de 82 % qui voulaient rester là où ils sont, 10 % voudraient bouger dans une autre région de Crimée, 2 % voudraient aller vivre dans une autre région de Russie, et 0 % voudraient aller vivre en Ukraine (sic).

publicité

Comme en écho à ces résultats, et après que Porochenko ait fait des déclarations où il promettait que l'Ukraine continuerait à « soutenir » les habitants de Crimée, un des députés de la péninsule, Rousslane Balbek, a répondu de manière assez directe que vu le type de « soutien » que Kiev a fourni à la Crimée jusqu'ici, les habitants de la péninsule s'en passeront volontiers.

« Les Criméens seront reconnaissants si Porochenko les laisse tranquilles, sans […] son attention intrusive », a déclaré le député.

Il faut dire que sauf à être masochiste, on ne voit pas bien ce qui attirerait les habitants vers un pays qui a successivement coupé l'approvisionnement en eau du canal de Crimée du Nord, installé un blocus alimentaire, puis fin 2015 privé la péninsule d'électricité en plein hiver.

« C'est pourquoi les habitants de la Crimée préfèrent que M. Porochenko laisse la péninsule sans ses inquiétudes et soins paternels », a conclu l'homme politique.

La propagande ukrainienne et occidentale qui exige à cors et à cris la restitution de la Crimée par la Russie en hurlant aux violations des droits de l'homme, et à la soi disant détérioration de la situation des Tatars de Crimée vient donc de se prendre un grand coup dans la tête. Personne en Crimée, pas même les Tatars ne veut revenir en Ukraine, et personne ne veut de l'attention et du soutien de ce pays terroriste.

D'ailleurs lors d'une émission de la chaîne Rossia 24, Alexandre Zakharchenko a confirmé officiellement ce que beaucoup disent depuis longtemps ici : le Donbass ne retournera pas en Ukraine, même fédéralisée.

« En 2014 nous étions prêts à discuter de la fédéralisation de l'Ukraine, mais en 2015-2016 et en 2017, trop de sang a été versé pour que nous puissions même juste penser à revenir en Ukraine. Nous pouvons discuter de la vie commune dans le cadre de deux état indépendants. Des relations de bon voisinage etc. Mais ni mes compatriotes,ni moi ne voulons retourner en Ukraine. Nous avons trop de doléances. Nous nous battons pour l'indépendance,  » a-t-il déclaré.

Une déclaration qui rejoint ce sondage informel fait par un Ukrainien de l'Ouest, qui en interrogeant les personnes qu'il connaît à Donetsk a découvert que 75 % se considèrent comme Russes, et que personne ne veut revenir en Ukraine.

D'ailleurs en RPD, même certains prisonniers de guerre ukrainiens ne veulent pas retourner dans leur pays, comme l'a révélé la visite de Roubane et Savtchenko la semaine dernière. Cela en dit long sur l'amour que certains vouent à leur « patrie ».

Alors ce n'est pas en déclarant que les habitants du Donbass n'intéressent pas l'Ukraine, qui ne veut que la terre comme l'a fait Leonid Kravtchouk (premier président ukrainien) à la télé, ni en bombardant la station d'épuration de Donetsk, et en envahissant son territoire après l'évacuation du personnel pour tirer sur Yassinovataya et Spartak comme l'ont fait les radicaux ukrainiens ce week-end, que la population du Donbass va vouloir revenir en Ukraine. Le syndrome de Stockholm a des limites quand même.

Les radicaux ukrainiens ont quitté le territoire de la station d'épuration, mais sont en train de fortifier une position à 100 m à peine de cette dernière, pour pouvoir continuer de jouer avec les nerfs de l'armée et des autorités de la RPD, afin de les pousser à la faute.

Car il ne faut pas se leurrer, les provocations ukrainiennes contre la population civile vont se poursuivre jusqu'à franchir la ligne rouge et obtenir la réaction désirée : la violation des accords de Minsk par l'armée de la RPD.

C'est cette volonté suicidaire de pousser cette logique folle jusqu'au bout qui fait craindre le pire alors que l'armée ukrainienne amasse de nouveaux lance-roquettes multiples Grad à Marioupol.

Christelle Néant

 

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/a-vouloir-obliger-le-donbass-et-la-190179?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents