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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Après une campagne interminable, l’intolérance submerge le débat politique en France

Publié par Leblancetlenoir sur 9 Mai 2017, 18:45pm

Catégories : #POLITIQUE FRANCE, #PRESIDENTIELLE, #MACRON, #LE PEN, #MEDIAS, #PROPAGANDE

 

 

En attendant le chiffre de l’abstention (et du vote blanc) au second tour, une chose est certaine: l’intolérance sort grande vainqueur d’une campagne électorale commencée depuis huit mois. Et cette intolérance vaut pour tous les camps, celui d’Emmanuel Macron compris.

La technique des fake news, puissant distillateur de haine

Au premier rang de la haine, on placera évidemment le recours à des fake news et des mantras souterrains, propagés de façon virale par des mails anonymes, qui visent à disqualifier les candidats adverses. On se souviendra ici avec un brin d’amusement de la campagne chez les Républicains où “Ali Juppé” a un jour découvert que la France entière avait reçu sur sa boîte mail des accusations sur le financement des mosquées à Bordeaux.

Que de fausses rumeurs courent n’est pas nouveau. Qu’elles soient putrides non plus (on se souvient aussi du désormais légendaire “Claudine Dupont” sur une fausse carte d’identité de Najat Vallaud-Belkacem). Qu’elles soient utilisées de façon industrielle pour déstabiliser la campagne électorale l’est en revanche.

D’une certaine façon, d’ailleurs, le discours de Marine Le Pen lors du débat dans la boue avec Emmanuel Macron a largement consisté à faire une allusion permanente aux fake news ou aux bad news distillées dans l’ombre par ces adeptes du mail anonyme. On retiendra les répétitions du Macron candidat de la finance, et toute la brochette de soupçons que cette conviction draine avec elle.

La culpabilisation du ni-ni, deuxième cause d’intolérance

Comme si l’atmosphère n’était pas assez délétère, les soutiens de Macron ont tardivement pris conscience de la fragilité politique de leur héros et n’ont pas donné dans la dentelle pour cliver et pour culpabiliser les électeurs de ne pas voter en sa faveur. Chacun y est allé de son petit couplet, après le premier tour, pour expliquer que le seul choix digne était désormais de glisser un bulletin Macron dans l’urne.

Ceux qui ont essayé de nuancer le débat en ont été pour leurs frais. Toute forme de réserve sur un mot d’ordre qui a commencé à gagner les esprits, toute forme de balancement de la pensée, s’est heurtée à un procès en hérésie. D’un côté, les aficionados, qui appartenaient au camp du bien et des valeurs humanistes. De l’autre, les docteurs de la haine et les fossoyeurs de la démocratie. Il ne suffisait pas de ne pas voter Le Pen, il fallait voter Macron. Il ne suffit pas de voter Macron, il faut adhérer à son programme.

Dans cette atmosphère binaire, nourrie par les médias subventionnés qui n’ont pas manqué de souffler sur les braises, le débat ne s’est pas seulement polarisé. Il s’est dégradé jusqu’à sombrer dans l’intolérance pure.

La polémique Ruffin, une caricature de l’intolérance

C’est donc à cette aune qu’on prendra connaissance de la polémique Ruffin qui enflamme les réseaux sociaux dans la moiteur d’un printemps mal embouché et d’une trêve d’avant scrutin. Ruffin a commis une tribune dans Le Monde de vendredi pour soutenir qu’une majorité de Français haïssait Emmanuel Macron avant même qu’il soit élu. Il s’est attiré des réponses hallucinantes, aussi haineuses que la haine qu’il soupçonne les Français d’avoir pour leur futur président.

Par exemple, Bruno Roger-Petit n’a pas hésité à expliquer que Ruffin était animé des mêmes pulsions barbares que les identitaires.

Mais peu importe la psychologie de François Ruffin et sa plume qui parait comme être tenue par un identitaire. (…) Progressistes contre conservateurs. Patriotes contre nationalistes. Européens contre identitaires. Les plaques tectoniques de la vie politique française vont bouger. Et une partie de la gauche radicale française est en passe de passer de l’autre côté du miroir, à l’image de François Ruffin, et c’est en cela que sa lettre ouverte fait sens.

Ben voilà… ne pas aimer Macron, ne pas voter Macron, c’est être d’extrême-droite… Voilà un raisonnement complexe qui nous change de la pensée identitaire. On ne s’étonnera pas que la Société des Journalistes de Challenges ait même publié un communiqué pour dénoncer les interventions de la direction du journal en faveur de Macron.

On s’amusera aussi du texte publié par Le Monde pendant la trêve d’avant scrutin pour équilibrer la chronique de Ruffin, sous la plume de Jean-Pierre Le Dantec, intitulé « Vous me faites honte, monsieur Ruffin »:

Serait-ce qu’entre vous, monsieur Ruffin, et Marine Le Pen, la différence morale ­serait infime ? Que vous seriez, comme elle, un vecteur de vulgarité, de haine et de violence ?

Et voilà! Dire une opinion contraire au “j’aime Macron”, c’est forcément être un admirateur de Marine Le Pen. Quelle pensée nuancée qui déjà nous fait rêver sur la démocratie idéale que nous allons vivre à partir de lundi.

Le triomphe de l’intolérance

Une chose est désormais acquise, donc. L’intolérance a gagné les élections présidentielles.

 

http://www.entreprise.news/apres-campagne-interminable-lintolerance-submerge-debat-politique-france/

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