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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


EXIT MACRON

Publié par Leblancetlenoir sur 5 Mai 2017, 06:16am

Catégories : #POLITIQUE FRANCE, #PRESIDENTIELLE, #MACRON, #LE PEN, #PARDEM

 

 

 

 

Ci-dessous l'analyse du PARDEM que nous partageons sur un certain nombre de constats même si nous continuons de penser que l'Ennemi principal est le représentant de l'oligarchie, Emmanuel Macron. L'appui récent d'Obama au candidat prétendument progressiste illustre à souhait l'appui du clan mondialiste au pion Macron. Les élites sont sauvées : le mondialisme néolibéral va continuer à prospérer pour le plus grand profit d'une caste de privilégiés.

Macron devrait être facilement élu d'autant mieux que sa challenger a montré ses limites lors du "débat" (d'une rare indigence) télévisé de ce mercredi 3 mai. Cependant, il importe que Macron soit aussi mal élu que possible avec un large refus du Système (abstention révolutionnaire, vote blanc ou nul) voire un vote Le Pen qui ne serait pas un vote d'adhésion au vide de son discours mais en tant que manifestation d'un refus du Système mondialiste libéral. Il est évident, dans notre esprit, que l'alternative devra être conduite que par une dynamique portée par des hommes et des femmes d'une autre stature que Marine Le Pen !

Leblancetlenoir

 

Avant le premier tour du 23 avril, le Parti de la démondialisation avait déjà proposé un texte de réflexions accessible ici :

 

http://www.pardem.org/presidentielle-2017/671-a-lire-samedi-22-avril-2017-avant-le-premier-tour-de-l-election-presidentielle

 

Nous recommençons avant le deuxième tour fixé au 7 mai, en livrant une nouvelle analyse approfondie de l’évolution du système politique de notre pays avant ce scrutin inédit en tous points. Un résumé se trouve ci-dessous.

 

 

RÉSUMÉ

 

Nous sommes à la fin d’un cycle majeur, celui de l’ordre institutionnel européen néolibéral, incompatible avec la démocratie, devenu inaccessible aux exigences des citoyens. Ce dernier possède un double impuissant avec le système national rendu fantomatique qui n’est là que pour maintenir une façade familière de normalité institutionnelle, un vernis d’allure démocratique et électorale.

 

C’est par cette logique de vase communiquant que la politique s’est vue remplacée par la « gouvernance », progressivement, inexorablement. Mais cette stratégie discrète ne peut éviter d’évidents effets de réel, ne serait-ce qu’à cause de sa spectaculaire efficacité. Cela, naturellement, a fini par se voir. Et ce sont bien sûr ceux qui avaient le plus à perdre concrètement, dans leur vie matérielle, qui s’aperçurent rapidement de ces deux phénomènes majeurs. Leurs intérêts n’étaient plus représentés politiquement, et la mondialisation néolibérale, économique et institutionnelle, encouragée par l’euro et l’Union européenne, signifiait la fin du progrès social.

 

Tous ceux qui sont peu ou pas diplômés, tous ceux qui ne sont pas dans la fonction publique (pourtant elle aussi atteinte mais de manière moins directe), en gros toutes les classes populaires, ont largement compris les effets concrets de la mondialisation néolibérale, et de son gardien institutionnel inflexible, inaccessible à toute pression démocratique, l’Union européenne. Ils ont compris qu’ils avaient été trahis par leur classe politique et syndicale. Car cette dernière, non seulement ne lutte pas pour imposer une rupture concrète avec le processus institutionnel européen de cette mondialisation néolibérale, mais persiste, contre toute évidence, à présenter ce phénomène comme intrinsèquement positif. Elle fait croire que l’on peut changer aussi facilement, « de l’intérieur », que l’ancien système politique national.

 

Et le FN s’installa, propulsé en coulisse par son habile pygmalion, François Mitterrand. L’abstention et le vote FN grandirent alors inexorablement, avec la précarité, le chômage de masse, l’explosion des inégalités, la ségrégation sociale et spatiale faisant le reste, séparant toujours plus une France d’en haut, protégée ou bénéficiaire de la mondialisation néolibérale, diplômée, regroupée dans les centres-villes des métropoles ou dans les collectifs ruraux de bobos « alternatifs », d’une France périphérique populaire, majoritaire mais non représentée politiquement...

 

C’est donc cette page, sinistre par ses conséquences mais aussi ses perspectives, que l’on est heureusement en train de tourner. On conteste désormais les institutions européennes, et non plus faussement naïvement leur contenu, parce qu’elles sont antidémocratiques par construction depuis le début. Ceci est maintenant dicible par des dirigeants politiques en dehors du FN. Ce phénomène libérateur est en train d’exploser sous nos yeux, et ce n’est qu’un début.

Dans cette perspective d’entrée en crise de l’ordre néolibéral européiste, les résultats du premier tour sont pleins d’enseignements majeurs. Ni la gauche se présentant comme telle, ni la droite se présentant comme telle, ne passent le cap du premier tour. C’est un phénomène totalement inédit, qui en dit long sur la prise de conscience que ce clivage idéologique ne recouvrait plus rien d’important depuis 1983. Il n’était qu’un nuage idéologique masquant l’acceptation globale de l’antidémocratie européenne par l’ensemble de la classe politique de droite et de gauche.

 

La gauche et la droite subissent donc des coups mortels. En tout cas, rien ne garantit qu’elles s’en relèvent un jour, sous cette forme idéologique, gauche, droite, « progressisme » contre « conservatisme ». Comme si les clivages politiques essentiels dépendaient de valeurs morales et idéologiques, et non d’enjeux politiques et sociaux bien concrets, recoupant des clivages bien réels, objectifs. Ce premier tour nous fait donc sentir que les effets de réel prennent désormais le dessus sur l’idéologie molle et convenue des « valeurs de gauche » et des « valeurs de droite ». Celles-ci se traduisent toujours par la continuation inexorable des mêmes institutions néolibérales et de leurs conséquences tout aussi inexorables. Il faut s’en féliciter. Les clivages politiques recoupent désormais bien plus clairement les clivages réels. Macron représente, fidèlement, et à découvert, le camp des protégés et des gagnants de la mondialisation néolibérale et de sa bunkérisation institutionnelle européiste. Marine Le Pen représente (fort mal), le rejet populaire du statu quo néolibéral. Tout en le dirigeant vers une trahison à la Tsipras, et dans une impasse xénophobe. Bien sûr, on pourrait voir ce premier tour avec d’anciennes lunettes, celles du XXe siècle. Il faudrait alors dire que Le Pen n’est que la continuation de la droite xénophobe, tandis que Macron n’est que le masque de la gauche socialiste. Ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas pour autant pertinent.

 

Quel intérêt en effet, de relever, comme si c’était le fait politique principal, que Macron est « progressiste », donc de gauche, et Marine Le Pen « conservatrice », donc de droite ? La réalité crue, c’est que les électeurs de Macron soutiennent sans réserve la mondialisation néolibérale, et les électeurs de Le Pen la rejettent explicitement, et c’est bien là-dessus que se sont structurés les votes. Parce qu’ils pensent que cela va dans leurs intérêts, beaucoup plus que vers leurs « valeurs ». Qu’une partie des classes moyennes qui soutiennent Macron se trompent sur leurs intérêts réels et que les classes populaires se trompent sur la véritable détermination du FN à briser l’ordre institutionnel néolibéral, est bien sûr une autre affaire. Mais la véritable dynamique politique électorale concerne désormais crûment, directement, les véritables enjeux, sans masque idéologique, grâce à la disparition du clivage gauche-droite, avantageusement remplacé par les clivages réels.

 

Troisième évidence de ce scrutin historique : bien que la présence du FN au deuxième tour était pour la première fois annoncé comme parfaitement prévisible, c’est l’abstention, ou le vote blanc ou nul, qui constitue le comportement électoral majoritaire des citoyens, et particulièrement des classes populaires, rejoignant le record précédent de 2002. Aucun des 11 candidats n’est ainsi apparu crédible pour plus de 11 millions et demi de citoyens inscrits sur les listes électorales (les autres ne jugeant même pas utile de s’inscrire en l’état), dont 10 577 772 abstentions, soit 22,23 % des inscrits. Ce chiffre, massif, d’autant plus spectaculaire que les injonctions médiatiques et politiques au « vote utile » dès le premier tour ne se sont jamais faites aussi bruyantes du fait de la présence prévisible du FN au second tour, est à mettre en regard avec les chiffres du vainqueur du premier tour.

 

La dernière nouveauté à relever est l’apparition d’une nouvelle dynamique politique, celle de la France Insoumise, issue de l’ancienne « gauche radicale », hors PCF, mais ne se présentant plus comme telle. Les couches sociales qui la soutiennent ne sont pas si clairement clivées que les deux finalistes, classes moyennes et classes populaires étant plus ou moins à égalité dans la composition des électeurs supportant ce nouveau mouvement. En soi, cela dénote une évolution positive. Une offre euro-critique émerge, non xénophobe, capable d’attirer les classes populaires devenues méfiantes face aux offres classiques (et comme on les comprend), et disposant d’un soutien des classes moyennes indispensables si l’on veut obtenir une majorité électorale rapide et durable. Hélas, cette innovation et ces aspects positifs sont grevés par un flou rédhibitoire sur les questions principales, stérilisant une dynamique électorale novatrice et efficace. Les cadres, et pour commencer le leader charismatique de la France Insoumise, sont bel et bien issus de la gauche européiste (ce qui est hélas un pléonasme, toute la gauche étant européiste). Cela ne pouvait pas être sans incidence sur la stratégie et les propositions de ce mouvement. Afin de garder la cohérence politique de sa direction, il fut décidé de conserver l’incohérence de ses propositions. Son plan A, donc sa proposition principale, sa stratégie privilégiée, redonne des couleurs à ce fantôme usé jusqu’à la corde du rêve de l’Europe sociale, de sa transformation de l’intérieur, de la positivité intrinsèque du projet européen à conserver comme tel si l’on arrive, par la négociation, à lui faire faire l’inverse de ce pourquoi il a été conçu, c’est-à-dire l’application automatique du néolibéralisme.

 

Pour le deuxième tour il s’agit de refuser d’établir une version ethnique de la démocratie et une xénophobie d’État. Il est hors de question de déconsidérer le mouvement populaire euro-critique en l’assimilant à une version xénophobe de la démocratie. Il est par ailleurs évident, par les éternels louvoiements de Marine Le Pen sur les questions européennes, qu’elle ne réalisera pas une rupture décisive, qui n’est pas dans son intérêt. Il serait tragique de voir élire une Tsipras de droite, xénophobe, déconsidérer pour longtemps l’exigence de restauration de la souveraineté nationale. Sans parler de ses propositions antisociales et antisyndicales traditionnelles. Celles et ceux qui croient renverser la table avec un vote FN, vont se retrouver avec une table intacte et supportant un contenu encore plus inacceptable.

 

Il faut symétriquement refuser l’injonction politique et médiatique de se soumettre au candidat de l’eurolibéralisme décomplexé. Il est impératif de ne pas légitimer par un vote la continuation, et donc l’aggravation, de l’eurolibéralisme désormais décomplexé. Rappelons, parmi hélas bien d’autres actions d’éclat, que le principal conseiller économique de François Hollande puis son ministre de l’économie, Monsieur Macron, est co-responsable d’une augmentation de 26% des chômeurs sur la durée du quinquennat (source Pôle Emploi sur les catégories A, B, C). C’est évidemment une caricature de ce qu’il ne faut plus jamais accepter, la suppression de la démocratie et son remplacement par la gouvernance européenne, l’aggravation continue de la mondialisation néolibérale, et la casse systématique de l’État social.

 

Il serait donc totalement irresponsable de légitimer dans les urnes ces deux options aussi dangereuses qu’inacceptables. Et ce alors que leur position politique à l’issue de ce premier tour est inhabituellement fragile.

 

Le contexte particulier du deuxième tour renforce encore, dans le cadre de cette élection présidentielle de 2017 en tous points atypique, la seule attitude respectable et responsable à avoir face à ce second tour historique : plaider pour une abstention massive. C’est le moyen de délégitimer l’une ou l’autre des deux options inacceptables restées en lice, pour des raisons différentes mais tout aussi graves et lourdes de conséquences l’une que l’autre.

 

« Lutter contre le FN », du moins efficacement, c’est sortir des postures morales contreproductives et irréalistes, ce n’est pas « lutter contre le fascisme ». C’est déconstruire la place hégémonique qu’il détient sur la contestation du postnational en construisant une force réellement démocratique visant la démondialisation, comme seul pour l’instant le Pardem en France tente de le faire, en se hissant ainsi à la hauteur de ce qu’exige le moment historique que nous traversons.

 

L’enjeu, encore une fois, est d’empêcher le plus possible à ces deux calamités politiques de nuire. Ce n’est pas en votant pour l’un ou l’autre que l’on atteindra efficacement ce but. Ces deux candidats inacceptables n’ont qu’un faible appui électoral, ils sont fragilisés par leur incapacité à réunir une majorité parlementaire efficace, ils vont déclencher de puissantes luttes sociales. Il faut absolument appuyer cette opportunité de limiter leur capacité de nuisance, et non pas la fragiliser par un vote qui ne ferait que les légitimer avec un fort taux de participation.

Analyse complète en suivant le lien :

http://www.pardem.org/presidentielle-2017/680-elements-de-reflexions-avant-le-deuxieme-tour-de-la-presidentielle-2017

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