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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Simulacre de démocratie

Publié par Leblancetlenoir sur 20 Juin 2017, 10:50am

Catégories : #POLITIQUE FRANCE, #LEGISLATIVES, #MELENCHON, #LRM, #LR, #FN, #LFI, #PC

La comédie électorale a pris fin (enfin !) mais pour une majorité d’électeurs, elle avait pris fin bien avant les deux tours des élections législatives pour tous ceux qui ont fait la grève des électeurs (pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Octave Mirbeau, ô combien actuel).

L’abstention, associée aux votes blancs et nuls, est donc le phénomène le plus marquant de cette élection. Pour ce second tour, l’abstention est de 57,4 % (51,29 % au premier tour).

Sur 47 292 967 électeurs inscrits, 27 125 535 se sont abstenus (57,36 %), 1 397 496 ont voté blanc (2,95 % des inscrits), 593 159 ont voté nul (1,25 % des inscrits), soit un total de 29 116 190 électeurs (61,57 % des inscrits) qui ne se sont pas exprimés.

De quoi naturellement relativiser les résultats électoraux lorsque seulement 18 176 777 électeurs (38,43 % des inscrits) ont voté pour l’un des candidats restant en présence.

Et bien sûr, le « raz-de-marée » LRM (La République en marche) est des plus relatifs puisque ses 7 826 432 électeurs ne représentent que 16,55 % des inscrits. Raz de marée en ce qui concerne le nombre d’élus, ce système inique lui permettant de rafler 306 sièges.

Le phénomène de l’abstention, s’il n’est pas nouveau, le devient par son ampleur. Le mélange d’affaires, de corruption, d’absence de moralisation de la vie politique, d’incompétence d’une grande partie de la classe politique conjugué à l’abaissement de notre pays sur la scène internationale, la montée continue du chômage de la pauvreté, de la précarité amènent un discrédit tout à fait naturel de la classe politique d’autant plus que le prétendu renouvellement annoncé est d’abord un produit de communication à destination des naïfs ! Comment dès lors s’étonner que de plus en plus de citoyens ne se reconnaissent pas (plus) dans ce simulacre de démocratie, dans un système, on ne peut plus anti démocratique, dans lequel les minoritaires (16,55 % des inscrits) vont « gouverner » (ce serait trop leur demander d’avoir la décence de déclarer forfait !)

Système de représentation inique puisqu’il faut :

-25 576 voix pour avoir un député LRM,

-26 209 voix pour avoir un député Modem,

-34 434 voix pour avoir un député PS,

-36071 voix pour avoir un député LR,

-51987 voix pour avoir un député LFI,

-198 857 voix pour avoir un député FN.

On pourra toujours arguer de la légalité républicaine ! (ou plutôt de leur légalité !). Il n’empêche que l’illégitimité de ce nouveau pouvoir est patente et elle ne manquera pas d’apparaître au grand jour dans les semaines et les mois à venir lorsque la majorité (les abstentionnistes) exprimera sa colère face à la casse sociale qui ne va pas manquer de s’amplifier.

On a les satisfactions qu’on peut : à défaut de fêter des victoires, nous sommes ravis de la déroute d’un certain nombre de personnalités ou partis :

  • Le parti communiste (217 833 voix, 0,46 % des inscrits !). Il est même étonnant qu’il se trouve encore des quidam pour apporter leurs suffrages à ce parti qui ne sert strictement à rien !
  • Le parti socialiste, avec son score le plus bas de la V° République. On relèvera, avec plaisir, les défaites de : Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne, Marisol Touraine en Indre-et-Loire, Jean-Jacques Urvoas, l’ancien garde des Sceaux dans le Finistère, Christian Paul, chef de file des « frondeurs » pendant le quinquennat de François Hollande, dans la Nièvre, où il était élu depuis 1997, Benoît Hamon dans les Yvelines, Jean-Christophe Cambadélis à Paris, Pascale Boistard dans la Somme, Mathias Fekl, ex ministre de l’Intérieur, Christian Eckert, secrétaire d’Etat au budget, en Meurthe-et-Moselle, Juliette Méadel, ancienne secrétaire d’Etat, en Seine-et-Marne, ou encore Elisabeth Guigou en Seine-Saint-Denis ainsi que Bernard Combes, maire de Tulle, dans 1ère circonscription de Corrèze et ancien fief de François Hollande.
  • Les écologistes, ou ceux estampillés en tant que tels, ne conservent qu’un siège (Eric Alauzet dans le Doubs). Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, parmi bien d’autres sont battues.
  • Les Républicains, même s’ils bénéficient d’un léger sursaut au second tour, prennent une belle claque. Les électeurs ont eu raison de renvoyer les NKM, Jacques Myard (Yvelines), Gilles Boyer, ancien directeur de cabinet d’Alain Juppé, David Douillet (Yvelines), Axel Poniatowski et Jérôme Chartier (Val-d’Oise), et bien d’autres…
  • Le Front National qui, avec 1 590 858 voix (3,36 % des inscrits) est loin de son score du deuxième tour de la présidentielle. Les tensions sont à leur maximum au sein du FN, elles ne sont pas nouvelles mais l’échec électoral avive les tensions entre les deux lignes au Front (pro et anti Philippot). De là à ce qu’il y ait une scission au FN… Nous renvoyons nos lecteurs à l’étude que nous avions faite en son temps sur le FN (Front National… Front Familial, 1er mai 2015).
  • Les marcheurs ont aussi leurs battus : ainsi, Thibault Guilluy, dont la suppléante n’est autre que la fille de Brigitte Trogneux-Macron, est battue par le candidat LR au Touquet. A Amiens, où tout aurait dû être facile pour le candidat LRM, François Ruffin (France Insoumise) réussit l’exploit de l’emporter (largement) sur son concurrent Nicolas Dumont. L’ex juge Eric Halphen est battu dans le Calvados de même que Myriam El Khomri (qui se réclamait de la majorité présidentielle), battue à Paris

 

Leblancetlenoir

 

Les moutons vont à l’abattoir, ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais, du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. (Octave Mirbeau, La grève des électeurs, Editions Allia 2009, 1ère publication dans Le Figaro, 28 novembre 1888).
 

 

 

    
    
    
    
    
    
    

 

    
    
             


 

 

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