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LE BLANC ET LE NOIR

LE BLANC ET LE NOIR

Dans la vie rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Ni droite / Ni gauche / Ni extrémismes mais résolument Contre le Système totalitaire marchand


Le masque tombe : une guerre de pillage en Afghanistan

Publié par Leblancetlenoir sur 29 Juillet 2017, 20:21pm

Catégories : #ETATS UNIS, #AFGHANISTAN, #RUSSIE, #IMPERIALISME AMERICAIN, #POLITIQUE

 

En moins de trois mois, Washington marquera le 16 anniversaire de son invasion de l’Afghanistan, qui a amorcé la plus longue guerre de l’histoire américaine.

L’attaque contre ce pays sud-asiatique appauvri et déchiré par la guerre fut présentée comme le coup d’envoi d’une « guerre mondiale contre le terrorisme », une croisade pour la justice et la revanche des attentats terroristes du 11 septembre 2001 axée sur le prétexte ridicule de traquer un seul homme, Oussama ben Laden.

En réaction à l’invasion, le World Socialist Web Site a rejeté ces affirmations officielles, condamnant l’action des États-Unis comme une guerre impérialiste. Dans une déclaration du 9 octobre 2001 intitulée « Pourquoi nous nous opposons à la guerre en Afghanistan », nous avons écrit :

« Le gouvernement américain a lancé la guerre pour faire valoir les vastes intérêts internationaux de l’élite dirigeante américaine. Qu’est l’objectif central de la guerre ? L’effondrement de l’Union soviétique il y a dix ans a créé un vide politique en Asie centrale, région qui constitue le deuxième plus important bassin recensé de pétrole et de gaz naturel au monde ».

Ces ressources d’une importance critique sont situées dans la région politiquement la plus instable du monde. En attaquant l’Afghanistan, en y installant un régime soumis et en amenant de grandes forces militaires dans la région, les États-Unis cherchent à établir un nouveau cadre politique au sein duquel ils peuvent exercer un contrôle hégémonique. »

Près de 16 ans plus tard, près de 9 000 soldats américains restent en Afghanistan. Sans eux et l’immense puissance de feu exercé par l’armée de l’air des États-Unis, le régime de marionnettes du président Ashraf Ghani ne durerait pas une semaine.

Selon des estimations prudentes, le nombre de morts Afghans depuis 2001 a atteint 175 000. Des centaines de milliers d’autres ont été blessés et des millions ont été chassés de leurs foyers. Au cours des six derniers mois, un nombre record de civils ont été tués, avec une augmentation de 43 % du nombre de morts dû aux frappes aériennes américaines par rapport à la même période l’an dernier.

Cette tuerie a été menée au nom de la lutte contre le terrorisme, de l’érection de la démocratie, de la libération des femmes, des droits de l’Homme et de divers autres faux prétextes.

Au bout du compte, cependant, cette entreprise brutale, corrompue et sanglante a été motivée par les intérêts impérialistes énoncés par le WSWS dans sa déclaration de 2001. Cela a été clairement souligné à travers le débat interne hargneux du gouvernement Trump sur la façon de faire face à ce que les généraux américains décrivent délicatement comme une « impasse », dans laquelle les talibans et d’autres insurgés ont pris le contrôle d’un étendu sans précédent de territoire afghan et les forces de sécurité subissent des pertes intenables en hommes tués et en désertions.

Bien que Trump ait donné à son secrétaire à la défense, le général des marines récemment retraité James Mad Dog Mattis, l’autorisation d’intensifier la guerre en envoyant 4000 à 5000 soldats supplémentaires en Afghanistan, le renforcement traîne à être exécuté.

La nouvelle stratégie de guerre, d’abord promise avant le sommet de l’OTAN en mai dernier, puis à la mi-juillet, n’a pas encore pris forme, et Trump a déclaré la semaine dernière aux journalistes à la Maison Blanche qu’il cherchait toujours à comprendre « pourquoi nous sommes là-bas depuis 17 ans ». Ceci-après que Washington aurait dépensé environ mille milliards de dollars dans cette guerre. Interrogé alors qu’il se dirigeait vers une réunion du Pentagone jeudi dernier s’il fallait déployer plus de soldats, il a répondu : « Nous verrons ».

Maintenant, cependant, le gouvernement semble vouloir embrasser l’idée d’une escalade, en se concentrant sur le résultat net de la guerre : le pillage et le profit.

Selon un article publié mercredi dans le New York Times, Trump a « pris goût à la perspective qui séduisait les gouvernements précédents : les vastes richesses minérales de l’Afghanistan, qui, lui ont dit ses conseillers et des responsables afghans, pourraient être extraites de façon rentable par les entreprises occidentales. »

L’idée est soufflée à Trump à la fois par le PDG d’American Elements, une entreprise qui est en affaires avec le Pentagone et spécialiste dans les minéraux de terres rares qui se trouvent apparemment en abondance en Afghanistan et Stephen Feinberg, le milliardaire des fonds spéculatifs et des investissements sur fonds propres. Soutien de premier plan pour Trump à Wall Street, Feinberg possède également la société militaire privée DynCorp International, l’une des plus importantes au monde, et aurait offert les services de ses mercenaires pour protéger les mines américaines contre les attaques des talibans et d’autres insurgés.

Le président afghan Ashraf Ghani, tout en reconnaissant la mentalité de profiteurs de son nouveau maître à Washington, a, selon le Times, « promu l’exploitation minière comme une opportunité économique » depuis sa première conversation avec le président américain.

L’idée que le capitalisme américain pourrait utiliser sa force militaire pour piller les ressources minérales de l’Afghanistan n’est pas une invention de Donald Trump. La CIA était bien consciente de la richesse qui pourraient être exploitées avant que les premières troupes des Forces spéciales américaines touchent le sol en 2001. « En 2006, le gouvernement de George W. Bush a mené des reconnaissances aériennes du pays pour cartographier ses ressources minérales », explique le Times.

Et le « journal de référence » a publié son propre rapport élogieux en 2010, alors qu’il soutenait la « poussée » de 100 000 soldats de plus du gouvernement Obama, sous le titre « Les États-Unis découvrent des richesses minérales en Afghanistan ». L’article proclama que, avec « l’aide » des sociétés transnationales basées aux États-Unis, l’Afghanistan pourrait « être transformé en l’un des centres miniers les plus importants du monde. »

Mais avec Trump, le masque est tombé. L’impérialisme américain se débarrasse des prétextes « humanitaires » et « démocratiques » utilisés pour dissimuler ses intérêts prédateurs et le caractère impitoyable, parasitaire et criminel de l’élite dirigeante américaine, personnifiée par Trump, anime ouvertement la politique étrangère américaine. Il est tout à fait probable qu’en évaluant la prochaine étape de la guerre en Afghanistan, Trump s’efforce de déterminer quelles seront les transactions qui peuvent être ramenées par les troupes américaines pour son fils Donald Jr. ou son gendre Jared Kushner.

Lors d’un de ses premiers discours postérieurs à son inauguration, prononcé au siège de la CIA à Langley, en Virginie, devant un public rassemblé d’agents et de responsables de l’agence, Trump a expliqué son approche, exaltant le principe selon lequel « le butin appartient au vainqueur ». En ce qui concerne la guerre en Irak, il a dit que « nous aurions dû garder le pétrole », avant d’ajouter dans l’intérêt de l’appareil militaire américain et des services de renseignement, « Mais, eh bien, peut-être que vous aurez une autre occasion ».

En tentant d’utiliser la force militaire américaine pour s’emparer de la richesse minérale stratégique de l’Afghanistan, et plus largement, des vastes ressources énergétiques de l’Asie centrale, l’impérialisme américain rencontre non seulement le problème de l’insurrection talibane, mais aussi l’opposition des grands rivaux qui poursuivent leurs propres intérêts en Afghanistan et dans toute la région.

La Chine cherche à faire avancer un accord longtemps retardé de 3 milliards de dollars entre sa société minière d’État et l’Afghanistan pour exploiter les plus grands gisements de cuivre du pays. La Russie a lancé sa propre initiative pour négocier une paix entre le gouvernement de Kaboul et les Talibans, en organisant trois séries de pourparlers. À la veille de la dernière session à la mi-avril, les États-Unis ont largué la plus grande arme utilisée depuis le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki, atteignant une cible dans l’est de l’Afghanistan, mais envoyant clairement un message à Moscou et à Pékin.

Au cours du dernier quart de siècle, l’impérialisme américain a été engagé dans une guerre continue, visant en première instance à utiliser sa supériorité militaire pour compenser le déclin de son influence sur les affaires du capitalisme mondial. Il a cherché à affirmer son hégémonie sur le Moyen-Orient riche en pétrole et à étendre son influence dans les régions ouvertes à la pénétration capitaliste par la dissolution de l’Union Soviétique.

Maintenant, sous la bannière de « l’Amérique d’abord », il poursuit une lutte acharnée pour les marchés, les matières premières et les intérêts stratégiques connexes aux dépens non seulement de ses ennemis supposés, mais aussi de ses anciens alliés, en particulier en Europe, dont les puissances majeures sont motivées à poursuivre leur propre politique étrangère et militaire.

De telles tensions et conflits, qui ont précédé la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, accroissent la menace d’une troisième guerre mondiale et avec elle la perspective de l’anéantissement nucléaire.

Malgré les luttes intestines implacables à Washington, tant les démocrates que les républicains appuient le tournant intensifié vers le militarisme, tout en cachant délibérément les implications de leurs politiques à une population qui est largement hostile à la guerre.

Bill Van Auken

 

Le Congrès des États-Unis adopte de manière écrasante une loi de sanction de la Russie

La Chambre des représentants des États-Unis a adopté massivement un projet de loi mardi qui impose de nouvelles sanctions à la Russie, à l’Iran et à la Corée du Nord et limite la capacité de l’Administration Trump de les annuler. Le résultat du vote était de 419 pour et 3 contre. Cette mesure augmenterait considérablement les conflits géopolitiques entre les États-Unis et ses principaux rivaux, non seulement la Russie, mais aussi les puissances impérialistes en Europe.

Le projet de loi va maintenant passer au Sénat, où une version antérieure (sans les sanctions de la Corée du Nord) a été approuvée en juin à une marge similaire : 97 pour et 2 contre. Trump a envoyé des signaux mitigés sur la question de savoir s’il signera le projet de loi, mais les majorités d’une telle ampleur dans les deux chambres du Congrès signifient que, malgré la possibilité théorique d’un veto, il est presque certain d’être promulgué.

Les nouvelles sanctions exposent les principales questions derrière la campagne sur le « piratage électoral » des médias américains et de l’establishment politique, dirigé par les organismes de renseignement qui s’opposent à toute modification de la politique anti-Russie développée sous l’Administration Obama. Le vote presque à l’unanimité dans les deux chambres du Congrès (tous les votes « non » à la Chambre proviennent de républicains) témoigne de la mesure dans laquelle la CIA (l’Agence centrale de renseignement), la NSA (l’Agence nationale de la sécurité) et d’autres agences d’espionnage contrôlent directement les institutions de l’État et le personnel qui les composent.

Les vrais enjeux dans ce conflit âpre au sein de la classe dirigeante ont été énoncés dans un éditorial du Washington Post lundi, « La riposte drastique – mais nécessaire – du Congrès à Trump ». Le Post, qui, avec le New York Times, a été une des voix médiatiques de premier plan dans la campagne anti-Russie, a salué ce projet de loi si nécessaire pour protéger les « intérêts vitaux » des États-Unis.

L’accord sur les sanctions, écrit le Post, a placé : « la politique de Trump envers le régime de Vladimir Poutine sous séquestre, l’empêchant de lever les sanctions sans accord du Congrès ». Trump a montré une « affinité inexplicable » à l’égard de la Russie, a écrit le journal, et a mis en doute la prétendue intervention de la Russie dans la campagne électorale américaine.

« Pour la communauté du renseignement des États-Unis », a déclaré le Post, « il n’y a pas un tel doute […] Le refus de M. Trump d’accepter ces conclusions et la possibilité qu’il puisse arrêter les sanctions imposées à la Russie pour cette ingérence et pour son invasion militaire de l’Ukraine a généré un consensus extraordinaire dans un congrès autrement polarisé ».

Aucune des allégations faites par le Post sur l’implication de la Russie dans les élections ne peut être démontrée et les déclarations de la « communauté du renseignement des États-Unis » ne sont pas plus crédibles que les allégations selon lesquelles le gouvernement de Saddam Hussein possédait des « armes de destruction massive » avant l’invasion de l’Irak en 2003. Même si l’on devait accepter ces conclusions comme vraies, il ne fait aucun doute que Clinton travaillait avec toutes sortes de gouvernements étrangers pour faire progresser sa campagne électorale.

Le véritable problème n’est pas le « piratage » russe, mais les intérêts géostratégiques de l’impérialisme américain. Comme le précise le Post, sa principale préoccupation est que la Russie a entravé les opérations de l’Armée et des agences de renseignement américaines en Ukraine et en Syrie. La référence à « l’invasion militaire de l’Ukraine » fait référence à l’annexion par la Russie de la Crimée et à la guerre civile interne qui a suivi l’opération de changement de régime de 2014 organisée par les États-Unis et menée par des organisations fascistes pour démanteler un gouvernement pro-russe.

L’éditorial se plaint plus tard que les actions de Trump donnent à la Russie « des concessions majeures pour rien », y compris « le retrait du soutien américain aux forces rebelles en Syrie ». Il s’agit de la décision de Trump de mettre fin au soutien de la CIA aux forces d’opposition syrienne, dominées par Al-Qaïda, qui ont mené une guerre civile soutenue par les États-Unis pour renverser le président syrien Bashar al-Assad.

L’éditorial reconnaît que le projet de loi sur les sanctions « pourrait avoir des conséquences involontaires », y compris sur « la coordination entre les États-Unis et l’Europe sur la Russie ». Il est « néanmoins essentiel », car « Trump ne peut pas être digne de confiance pour protéger les intérêts vitaux des États-Unis contre une agression persistante de la Russie ».

Quels sont ces « intérêts essentiels des États-Unis » ? Ils n’impliquent pas l’offensive de l’Administration Trump sur les soins de santé, son assaut brutal contre les travailleurs immigrés ou son programme militariste. Il s’agit plutôt des intérêts de la classe dirigeante dans la domination du Moyen-Orient et de ses vastes ressources énergétiques et de l’expansion du pouvoir américain en Europe de l’Est. Pour les factions de la classe dirigeante pour laquelle le Postparle, en outre, l’agression américaine contre la Russie est considérée comme essentielle pour conserver l’allégeance des puissances européennes et pour s’en prendre à la Chine.

Le nouveau projet de loi sera adopté dans des conditions de tensions géopolitiques explosives qui peuvent rapidement se transformer en un conflit militaire direct impliquant des puissances nucléaires. Au cours des dernières 24 heures, les États-Unis ont procédé à des tirs d’avertissement sur un navire iranien ; l’armée chinoise a intercepté un avion américain ; le Wall Street Journal a rapporté les préparatifs de la Chine en prévision d’une guerre américaine contre la Corée du Nord ; et la Chine a organisé des opérations militaires conjointes avec la Russie en mer Baltique.

Les différents pays touchés par le projet de loi le prendront comme un signe clair que les États-Unis ont l’intention de faire face à leurs affrontements économiques et militaires avec eux. Un mémo de l’Union européenne révélé par la presse a rapporté les déclarations du chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, selon lesquelles l’UE « devrait se préparer à agir en quelques jours » après le passage du projet de loi et que les sanctions « pourraient avoir une incidence sur un nombre potentiellement important de sociétés européennes faisant des affaires légitimes régies par des mesures de l’UE avec des entités russes ».

L’Administration Trump, de plus en plus pressée et isolée, pourrait décider que la meilleure façon de résoudre sa crise interne est de commencer une guerre, peut-être avec l’Iran ou la Corée du Nord. Et si les adversaires de Trump réussissent à forcer un changement dans sa politique ou à le faire tomber, cela impliquera un changement vers une politique encore plus agressive au Moyen-Orient et, surtout, contre la Russie.

Quelles que soient les divisions au sein de l’État, la classe dirigeante américaine est poussée par une logique implacable. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 ne lui a pas apporté une « fin de l’histoire », mais un quart de siècle de guerre sans fin et en expansion, dans laquelle la classe dirigeante a cherché à inverser le déclin du capitalisme américain et à maintenir sa position économique mondiale à travers l’utilisation de la force militaire. Cette politique folle et insouciante amène le monde entier au bord de la troisième guerre mondiale.

Joseph Kishore

 

http://www.mondialisation.ca/le-masque-tombe-une-guerre-de-pillage-en-afghanistan/5601381

http://www.mondialisation.ca/le-congres-des-etats-unis-adopte-de-maniere-ecrasante-une-loi-de-sanction-de-la-russie/5601298

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